Poème 'Les Iles' de Renée VIVIEN dans 'La Vénus des aveugles'

Les Iles

Renée VIVIEN
Recueil : "La Vénus des aveugles"

La mer porte le poids voluptueux des Iles…
Le lapis lazuli des ondes infertiles
Sollicite le frais recueillement des Iles.

Iles d’hiver, ô fleurs de la nacre et du nord !
Lorsque l’ombre a tressé les roses de la mort,
Les Iles ont jailli de la nacre et du nord.

Elles flottent ainsi que des perles d’écume…
Des blancheurs de bouleaux, des bleuités de brume
Se balancent, parmi les perles de l’écume.

Et voici, sous les violettes du couchant,
Lesbos, regret des Dieux, exil sacré du chant,
Lesbos, où fleurit la gloire du couchant.

Les parfums ténébreux qui font mourir les vierges
Montent de ses jardins et de l’or de ses berges
Où s’éteignent les voix amoureuses des vierges.

Leucade se souvient, et les fleurs d’oranger
Mêlent leur blanc frisson aux tiédeurs du verger…
Psappha pleurait Atthis sous les fleurs d’oranger…

Les âmes sans espoir sont pareilles aux Iles,
Et, malgré les langueurs de leurs armes fébriles,
Elles gardent l’orgueil solitaires des Iles.

Elles ont l’horizon, les algues et les fleurs.
L’isolement divin rafraîchit leurs douleurs
Et leur verse la paix des algues et des fleurs.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

© 2024 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS