Poème 'Messaline' de Théodore de BANVILLE dans 'Les princesses'

Messaline

Théodore de BANVILLE
Recueil : "Les princesses"

At Messalina, non alias solutior luxu, adulto auctumno simulacrum vindemiae per domum celebrabat. Urgeri prela, fluere lacus ; et feminae pellibus accinctae assultabant ut sacrificantes vel insanientes Bacchae ; ipsa crine fluxo thyrsum quatiens, juxtaque Silius hedera vinctus, gerere cothurnos, jacere caput, strepente circum procaci choro.
Tacite, Annales, liv. XI.

Furieuse, et toujours en proie à son tourment,
Messaline, que nul festin ne désaltère,
Ayant sur son épaule une peau de panthère,
Célèbre la vendange avec son jeune amant.

Elle serre en ses bras de neige éperdument
Silius, et lui dit : « Je voudrais sans mystère
Me coucher à tes pieds devant toute la terre ! »
Et le vin coule à flots dans le pressoir fumant.

Puis, tandis que le chœur danse au bruit de la lyre,
La Bacchante déchire et brise en son délire
De noirs raisins pourprés, et laissant à dessein

Leur sang vermeil couler sur ses belles chaussures,
Elle baise le cou du jeune homme et son sein,
Et sa bouche affamée y laisse des morsures.

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Théodore de BANVILLE

Portait de Théodore de BANVILLE

Etienne Jean Baptiste Claude Théodore Faullain de Banville, né le 14 mars 1823 à Moulins (Allier) et mort le 13 mars 1891 à Paris, est un poète, dramaturge et critique français. Célèbre pour les « Odes funambulesques » et « les Exilés », il est surnommé « le poète du... [Lire la suite]

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