Poème 'Nevermore' de Jean MORÉAS dans 'Les Cantilènes'

Nevermore

Jean MORÉAS
Recueil : "Les Cantilènes"

Le gaz pleure dans la brume,
Le gaz pleure, tel un oeil.
- Ah ! prenons, prenons le deuil
De tout cela que nous eûmes.

L’averse bat le bitume,
Telle la lame l’écueil.
- Et l’on lève le cercueil
De tout cela que nous fûmes.

Ô n’allons pas, pauvre soeur,
Comme un enfant qui s’entête,
Dans l’horreur de la tempête

Rêver encor de douceur,
De douceur et de guirlandes,
- L’hiver fauche sur les landes.

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Commentaires

  1. Le vallon s'emplit de brume,
    Il s'en emplit à vue d'oeil.
    On dirait qu'il prend le deuil
    Des rencontres que nous eûmes.

    La vie a goût de bitume,
    Tel le flot sur un écueil ;
    Elle a froid dans son cercueil,
    La grande âme que nous fûmes.

    Les morts n'ont point d'âme soeur ;
    Il leur faut penser sans tête
    (Ceux qui à vivre s'entêtent).

    Finie, pour eux, la douceur,
    Fini l'éclat des guirlandes
    Et l'odeur du pin des Landes.

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Jean MORÉAS

Portait de Jean MORÉAS

Ioánnis A. Papadiamantópoulos (en grec : Ιωάννης Α. Παπαδιαμαντόπουλος), dit Jean Moréas, né à Athènes le 15 avril 1856 et mort à Saint-Mandé (Seine) le 30 avril 1910, est un poète symboliste grec d’expression française. Issu d’ une famille distinguée d’ Athènes, fils de magistrat,... [Lire la suite]

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