Poème 'Sensualité' de Jean MORÉAS dans 'Les Syrtes'

Sensualité

Jean MORÉAS
Recueil : "Les Syrtes"

N’écoute plus l’archet plaintif qui se lamente
Comme un ramier mourant le long des boulingrins ;
Ne tente plus l’essor des rêves pérégrins
Traînant des ailes d’or dans l’argile infamante.

Viens par ici : voici les féeriques décors,
Dans du Sèvres les mets exquis dont tu te sèvres,
Les coupes de Samos pour y tremper tes lèvres,
Et les divans profonds pour reposer ton corps.

Viens par ici : voici l’ardente érubescence
Des cheveux roux piqués de fleurs et de béryls,
Les étangs des yeux pers, et les roses avrils
Des croupes, et les lis des seins frottés d’essence

Viens humer le fumet et mordre à pleines dents
A la banalité suave de la vie,
Et dormir le sommeil de la bête assouvie,
Dédaigneux des splendeurs des songes transcendants.

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Commentaires

  1. En pleurant la sirène, une mer se lamente
    Et la haute marée provient de son chagrin ;
    Mais elle est consolée par un joli marin
    Qui n'a nulle frayeur d'une si vaste amante.

  2. la suite :
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    Souvent, un matelot rêve d’une géante
    Près de laquelle, ainsi qu’un singe tamarin,
    Il passerait son temps à des plaisirs sans frein,
    Oubliant des vaisseaux la routine écrasante.

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