Poème 'Omphale' de Théodore de BANVILLE dans 'Les princesses'

Omphale

Théodore de BANVILLE
Recueil : "Les princesses"

Vingt monstres tout sanglants, qu’on ne voit qu’à demi,
Errent en foule autour du rouet endormi :
Le lion néméen, l’hydre affreuse de Lerne,
Cacus, le noir brigand de la noire caverne…
Victor Hugo, Le Rouet d’Omphale.

Calme et foulant son lit d’ivoire, dont le seuil
Orné d’or sous les plis de la pourpre étincelle,
La Lydienne rit de sa bouche infidèle
Aux princes de l’Asie, et leur fait bon accueil.

Une massue, espoir des Cyclades en deuil,
Sur un tapis splendide est posée auprès d’elle.
L’idole radieuse, et fière d’être belle,
De ses doigts enfantins y touche avec orgueil.

Sur son épaule blonde, amoureuse, embaumée,
Flotte la grande peau du lion de Némée,
Dont l’ongle impérieux lui tombe entre les seins.

Son cœur bat de plaisir sous l’horrible dépouille
Humide et noire encor du sang des assassins :
Hercule est à ses pieds et file une quenouille.

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Théodore de BANVILLE

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Etienne Jean Baptiste Claude Théodore Faullain de Banville, né le 14 mars 1823 à Moulins (Allier) et mort le 13 mars 1891 à Paris, est un poète, dramaturge et critique français. Célèbre pour les « Odes funambulesques » et « les Exilés », il est surnommé « le poète du... [Lire la suite]

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