Poème 'Où donc irai-je ?…' de Renée VIVIEN dans 'À l'heure des mains jointes'

Où donc irai-je ?…

Renée VIVIEN
Recueil : "À l'heure des mains jointes"

Nul flot ne bouge, nul rameau ne se balance…
Le gris se fait plus gris, le noir se fait plus noir,
Et le chant des oiseaux ne vaut pas le silence…
Où donc irai-je, avec mon cœur, par ce beau soir ?

Dans le ciel du couchant triomphal, les nuages
Roulent, lourds et dorés comme des chariots…
Je suis lasse des jours, des voix et des visages
Et des pleurs refoulés et des muets sanglots…

Toi qui ressembles aux royales amoureuses,
Revis auprès de moi les bonheurs effacés…
A l’avenir chargé de ses roses fiévreuses
Je préfère la pourpre et l’or des temps passés…

Soyons lentes, parmi les choses trop hâtives…
Il ne faut rien chercher… Il ne faut rien vouloir…
Allons en pleine mer, sans aborder aux rives…
Me suivras-tu, vers l’infini, par ce beau soir ?…

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Renée VIVIEN

Portait de Renée VIVIEN

Renée Vivien, née Pauline Mary Tarn le 11 juin 1877 à Londres et morte le 18 novembre 1909 à Paris, surnommée « Sapho 1900 », est une poétesse britannique de langue française du courant parnassien de la Belle Époque. Renée Vivien était la fille d’une mère américaine et d’un père britannique fortuné qui mourut en 1886,... [Lire la suite]

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