Poème 'Pannyre aux talons d’or' de Albert SAMAIN dans 'Aux flancs du vase'

Pannyre aux talons d’or

Albert SAMAIN
Recueil : "Aux flancs du vase"

Dans la salle en rumeur un silence a passé…
Pannyre aux talons d’or s’avance pour danser.
Un voile aux mille plis la cache tout entière.
D’un long trille d’argent la flûte la première
L’invite ; elle s’élance, entre-croise ses pas,
Et, du lent mouvement imprimé par ses bras,
Donne un rythme bizarre à l’étoffe nombreuse,
Qui s’élargit, ondule, et se gonfle et se creuse,
Et se déploie enfin en large tourbillon…
Et Pannyre devient fleur, flamme, papillon !
Tous se taisent ; les yeux la suivent en extase.
Peu à peu la fureur de la danse l’embrase.
Elle tourne toujours ; vite ! plus vite encore !
La flamme éperdument vacille aux flambeaux d’or !…
Puis, brusque, elle s’arrête au milieu de la salle ;
Et le voile qui tourne autour d’elle en spirale,
Suspendu dans sa course, apaise ses longs plis,
Et, se collant aux seins aigus, aux flancs polis,
Comme au travers d’une eau soyeuse et continue,
Dans un divin éclair, montre Pannyre nue.

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Commentaires

  1. Jardin de sinople
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    Sous les arbres d'un vert passé,
    La fée d'argent voulut danser
    Sans être cachée tout entière ;
    Sous les arbres de la clairière.

    Elle place un élégant pas
    Tout en levant très haut ses bras ;
    Les ondines sont là, nombreuses,
    Emplissant la forêt ombreuse.

    Un buisson (à peine s'il bouge)
    Était couvert de feuilles rouges ;
    Le vent les emporta, ce fol,
    Et nous fit voir un petit troll.

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