Poème 'Poème pour l’aube' de Aimé CÉSAIRE dans 'Les armes miraculeuses'

Poème pour l’aube

Aimé CÉSAIRE
Recueil : "Les armes miraculeuses"

les fougues de chair vive
aux étés de l’écorce cérébrale
ont flagellé les contours de la terre
les ramphorinques dans le sarcasme de leur queue
prennent le vent
le vent qui n’a plus d’épée
le vent qui n’est plus qu’une gaule à cueillir les fruits
de toutes les saisons du ciel
mains ouvertes
mains vertes
pour les fêtes belles des fonctions anhydrides
il neigera d’adorables crépuscules sur les mains
coupées des mémoires respirantes
et voici
sur les rhagades de nos lèvres d’Orénoque désespéré
l’heureuse tendresse des îles bercées par la poitrine
adolescente des sources de la mer
et dans l’air et le pain toujours renaissant des efforts musculaires
l’aube irrésistible ouverte sous la feuille
telle clarteux l’élan épineux des belladones

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Aimé CÉSAIRE

Portait de Aimé CÉSAIRE

Aimé Fernand David Césaire, est un poète et homme politique français de Martinique, né le 26 juin 1913 à Basse-Pointe et mort le 17 avril 2008 à Fort-de-France. Il est l’un des fondateurs du mouvement littéraire de la négritude et un anticolonialiste résolu. Aimé Césaire faisait partie, d’une famille de sept... [Lire la suite]

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