Poème 'Ta contrée' de ATOS

Ta contrée

ATOS

J’aime ta contrée.
L’ arrivée de cet automne,
Permet de s’y aventurer.

Devant l’alcôve d’un soleil
L’impertinence du temps
Appelle toutes mes pensées.

T’ignorer est un naufrage.

Je dépose d’inutiles bagages
Il me vient,
Tu le pressens,
Le goût des gestes légers.

Je ne suis que mendiant
Lorsque ton ombre vient se poser.
Le désir est une soif que je porte
Plus loin que le premier instant.

Sourcier en épineuse garrigue,
Trouverai je la source du partir?
Pardonne l’errance du martyr.

La saison des raisons mortes,
Honore l’espace distinctement.
Je n’ai dans ma vie
Pas d’autre temps.

Jusqu’alors hésitante,
Ma main s’assure.
Sur la pointe du jour,
J’entre en plaisir inconnu.

Ta cluse chaude bruit,
M’appelle et me conduit.
Je découvre tes sentiers,
Déliant l’obscur secret.

En chemin vers la dune
Attisée par un souffle violent,
Je te saisis.
Tu me convies à te suivre.

Je suis…
Ton mouvement.
Je te ressens,
Assurée de ce temps.

 

Flottant en un étang,
Jusqu’à l’aube, en sommeil
Ton corps s’élève.

Je quitte alors ta plaine.
Je passe le gai vouloir,
Attirée en la rosée de ton pré.

Je tangue soudain
Et chavire lentement.
Je ne sais
Où je vais
Et je te laisse,
M’emporter.

En lobe et langue tendre
Tu es
troublée,
Me revient la mémoire du marais.
Tes courbes parcourent mon ciel
Je suis
comblée.

Ton onde est un miroir
Dans lequel j’apparais.

J’ai faim d’en connaître
Plus loin.
Je verse sur tes berges,
Avide et transie
Je récolte ton cri
Dans le verger de tes envies.
Entre tes seins soudains
L’été fleurit.

L’horizon n’est plus un défi,
Je te reçois
Voyante.
Tu me devines
Sachante,

Je n’observe plus le silence.
Le coffre des regrets est refermé..
Je viens de jeter la clé.

J’aime encore,
à ce jour ,
Ta contrée,
En vérité,
C’est là, depuis,
Que je suis née.

Extrait du recueil « Ynys Avallach »,
Les éditions du Littéraire – La bibliothèque de Babel
juin 2014 – ISBN-13 : 978-2919318223

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