Poème 'Viole' de Albert SAMAIN dans 'Au jardin de l'infante'

Un Jour
Un Poème

Viole

Albert SAMAIN
Recueil : "Au jardin de l'infante"

Mon coeur, tremblant des lendemains,
Est comme un oiseau dans tes mains
Qui s’effarouche et qui frissonne.

Il est si timide qu’il faut
Ne lui parler que pas trop haut
Pour que sans crainte il s’abandonne.

Un mot suffit Ă  le navrer,
Un regard en lui fait vibrer
Une inexprimable amertume.

Et ton haleine seulement,
Quand tu lui parles doucement,
Le fait trembler comme une plume.

Il t’environne ; il est partout.
Il voltige autour de ton cou,
Il palpite autour de ta robe,

Mais si furtif, si passager,
Et si subtil et si léger,
Qu’Ă  toute atteinte il se dĂ©robe.

Et quand tu le ferais souffrir
Jusqu’Ă  saigner, jusqu’Ă  mourir,
Tu pourrais en garder le doute,

Et de sa peine ne savoir
Qu’une larme tombĂ©e un soir
Sur ton gant tachĂ© d’une goutte.

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Albert SAMAIN

Portait de Albert SAMAIN

Albert Samain, nĂ© Ă  Lille le 3 avril 1858, mort Ă  Magny-les-Hameaux le 18 aoĂ»t 1900, est un poĂšte symboliste français. Son pĂšre Ă©tant dĂ©cĂ©dĂ© alors qu’il n’avait que 14 ans, il dut interrompre ses Ă©tudes pour gagner sa vie et devint employĂ© de commerce. Vers 1880, il fut envoyĂ© Ă  Paris, oĂč il dĂ©cida de rester.... [Lire la suite]

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