Poème 'Yonaguni' de ATOS

Yonaguni

ATOS

L’écume des neiges émousse les nuages.
La mort dans l’âme, la montagne divague.
Elle émerge et se glace.
A ce fanon de cobalt elle noue la corde du temps.
Dans le creux de sa main l’homme est une écharde.

Conquérant de la haute sauvage,
L’homme plonge son étrave dans le roc des vagues.
Puisque cette féline saline arque le vent,
Il lui faudra forcer ses griffes d’écailles.

Jonas rame et ouvre son passage.

Il vise la cime mais manque sa cible.
A contre courant il hurle dans le jusant.

La montagne recrache son œil blanc
Une plume de paon chaloupe sur ses flancs.

L’océan a grande faim de ses enfants !
Il dresse déjà son autel de sable blanc.

L’homme harponne ses désirs,
Il écope sec sa légende
et escalade le grand vivant.
De sa barque, il brise la dérive
et affronte seul le titan.

De vagues en épines,
La montagne se devine dans l’océan.
Depuis le premier jour ,
Philéas vogue contre le temps.

La Grande Vague de Kanagawa d'Hokusaï - Metropolitan Museum of Art N.Y 1830-1831

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