Poème 'Amazone Nue' de Théodore de BANVILLE dans 'Le sang de la coupe'

Amazone Nue

Théodore de BANVILLE
Recueil : "Le sang de la coupe"

Amazone aux reins forts, solide centauresse,
Tu tiens par les cheveux, sans mors et sans lien,
Ton cheval de Titan, monstre thessalien ;
Ta cuisse avec fureur le dompte et le caresse.

On voit voler au vent sa crinière et ta tresse.
Le superbe coursier t’obéit comme un chien,
Et rien n’arrêterait dans son calme païen
Ton corps, bâti de rocs comme une forteresse.

Franchissant d’un seul bond les antres effrayés,
Vous frappez du sabot, dans les bois non frayés,
Les pâtres chevelus et les troupeaux qui bêlent.

Toi, Nymphe, sans tunique, et ton cheval sans mors,
Vos flancs restent collés et vos croupes se mêlent,
Solide centauresse, amazone aux reins forts !

Octobre 1847.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

  1. Amazone matinale
    ---------------------

    L’amazone, ayant bu un grand bol de thé vert,
    Nous chante une chanson par elle composée
    Dont les paroles sont légèrement osées,
    Mais sans inconvénient pour un esprit ouvert.

    La mélodie en est tendre comme rosée ;
    Le rythme, par instants, est vif comme l’éclair.
    Amazone, ma soeur, que tes accents sont clairs
    Et que ton ironie est savamment dosée !

    Tu chantes pour les rois et pour les braves gens,
    Pour ceux que divertit ton style dérangeant :
    «Élégance», chez toi, rime avec «insolence».

    Envers toi, je le crois, nul ne sera méchant,
    Car nobles et valets ont besoin de ton chant :
    Mais je les vois aussi écouter ton silence.

Rédiger un commentaire

© 2018 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS