Poème 'Ballade pour les Parisiennes' de Théodore de BANVILLE dans 'Trente-six ballades joyeuses'

Ballade pour les Parisiennes

Théodore de BANVILLE
Recueil : "Trente-six ballades joyeuses"

On voit partout, chez les Teutons
Et chez le Mormon polygame,
Des Iris et des Jeannetons
Fort dignes de l’épithalame;
Et Vienne a, tout comme Bergame,
Des anges dont on est épris;
Quant à ce qu’on nomme: la femme,
C’est un article de Paris.

Elle est bouchère, et nous, moutons.
C’est le plus divin amalgame
De lys, de roses, de festons.
Il ne faut pas qu’on la diffame!
Elle ment comme un vrai programme;
Pour sa folle dent de souris,
Malheur à tout ce qu’elle entame:
C’est un article de Paris.

Avec ses appétits gloutons
Et sous son linge à fine trame,
Elle avale des feuilletons
Et se délecte au mélodrame.
Celle pour qui tomba Pergame
Changeait moins souvent de maris
Qu’elle, soit dit sans épigramme!
C’est un article de Paris.

Envoi.

Je ne saurais changer de gamme:
La femme est un joyau de prix
Qui vaut son pesant d’or; mais, dame!
C’est un article de Paris.

Mai 1869.

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Théodore de BANVILLE

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Etienne Jean Baptiste Claude Théodore Faullain de Banville, né le 14 mars 1823 à Moulins (Allier) et mort le 13 mars 1891 à Paris, est un poète, dramaturge et critique français. Célèbre pour les « Odes funambulesques » et « les Exilés », il est surnommé « le poète du... [Lire la suite]

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