Poème 'Chanson de bateau' de Théodore de BANVILLE dans 'Les stalactites'

Chanson de bateau

Théodore de BANVILLE
Recueil : "Les stalactites"

Et vogue la nacelle
Qui porte mes amours.
Chanson.

Le canal endort ses flots,
Ses échos,
Et le zéphyr nous verse
Des parfums purs et doux.
Le flot nous berce,
Endormons-nous !

Les voix emplissent les airs
De concerts,
Et le vent les disperse
Avec nos baisers fous.
Le flot nous berce,
Endormons-nous !

En vain ton époux caduc,
Comte ou duc,
Se jette à la traverse
De nos gais rendez-vous.
Le flot nous berce,
Endormons-nous !

Ah ! que les cieux étoilés
Soient voilés,
Tandis que je renverse
Ton front sur mes genoux !
Le flot nous berce,
Endormons-nous !

Qu’importe si, dans la nuit
Qui s’enfuit,
L’orage bouleverse
Les éléments jaloux !
Le flot nous berce,
Endormons-nous !


Juillet 1844.

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