Poème 'Cuauhtemoc (le dernier empereur aztèque)' de ATOS

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Cuauhtemoc (le dernier empereur aztèque)

ATOS

Je ne vais pas choisir l’espace.
Je choisis juste le temps qu’il me reste.
Celui que je ne saisis pas.
Celui que je n’occupe pas.
Je ne choisis pas le lieu.
Cette exacte certitude de me retrouver, là.
Je choisis l’ encore, le devant, le lointain, le paysage qui n’est ni terre, ni fleuve, ni même un ciel.
Je choisis l’autre part, là où réside le peut être. L’unique soleil.
Je ne te choisis même pas toi. Toi.
Non toi tu ne m’intéresses pas.
Tu m’écoutes oui.
Mais tu ne te suffis pas. Comme je ne me suffis pas à moi même lorsque je te parle.
Nous le savons.
Tous, ici nous le savons, serment à un pacte terrible que stupidement nous créons.
Je ne te t’intéresse pas.
C’est un endroit terrible, ce lieu. Ce lieu que nous partageons et qui ne nous entend pas. L’espace qui nous occupe est absent de nous même.
Cet insuffisance qui te retient dans cet espace, sur cette terre, sous ce ciel, qui te tient là comme la camisole qui te tient dans ce qui se veut être toi, toi, toi devant moi, et qui n’est que la réplique à ce que je fais, dis , parle et bouge là et qui est l’exact précipice dans lequel je me retrouve moi même.
L’enchevêtrement de toutes nos pré-destinations.
Pré-destination.
Imposition d’un lieu où nous nous maintenons.
Non, ce qui se joue là ce sont deux personnages, tu les vois les deux là qui marchent, ces deux autres, ni toi, ni moi, mais d’autres, et qui portent notre nom.
Ces inconnus si étrangement ressemblants à ceux qu’ils ont quittés il y a une heure, deux heures, trois jours, un siècle.
Leur marche n’est plus la même que la notre, leur regard, …qu’en connaissons nous ? Nous ne le voyons pas. Ils sont beaux, et grands, je ne sais pas, j’imagine. Il n’y a pas d’espace entre eux et nous. Regarde, c’est le temps. Le temps qui est passé. Nous y sommes venus. J’entends déjà leurs voix.
On ne se méfie pas du temps. On s’en soucie, un peu.
Le temps qu’il fait. Parce que le temps sache le, le temps fait ce qu’il veut.
Tu peux élever des murs mais, as tu remarqué, que devant ou derrière le mur le temps, lui, fait ce qu’il veut.
Alors c’est lui que je choisis. L’espace importe peut.
Le temps lui me porte à croire. A croire que ce qui ce joue là, devant moi, c’est cet autre, ces autres, toi, moi, qui sommes en marche, que personne ne connaît, et qui sont la promesse de tout ce que nous retenons, tenons en nous mêmes.
C’est ça que je choisis.
Pas l’espace, pas la certitude, mais le devancement de ceux que nous sommes.
Je choisis l’espoir comme l’immédiate réponse à la question de l’écho de toutes nos certitudes qui nous retiennent ici ou… là.
Le temps, le temps ! voilà tout ce qui me reste et ce, qui, pourtant, aujourd’hui ne me suffit pas.
L’intérêt réside toujours là où nous nous en tenons, mais là où nous allons, devant toi, devant moi, c’est la seule adresse que nous laisserons.

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