Poème 'De profundis clamavi' de Charles BAUDELAIRE dans 'Les Fleurs du Mal'

De profundis clamavi

Charles BAUDELAIRE
Recueil : "Les Fleurs du Mal"

J’implore ta pitié, Toi, l’unique que j’aime,
Du fond du gouffre obscur où mon coeur est tombé.
C’est un univers morne à l’horizon plombé,
Où nagent dans la nuit l’horreur et le blasphème ;

Un soleil sans chaleur plane au-dessus six mois,
Et les six autres mois la nuit couvre la terre ;
C’est un pays plus nu que la terre polaire ;
- Ni bêtes, ni ruisseaux, ni verdure, ni bois !

Or il n’est pas d’horreur au monde qui surpasse
La froide cruauté de ce soleil de glace
Et cette immense nuit semblable au vieux Chaos ;

Je jalouse le sort des plus vils animaux
Qui peuvent se plonger dans un sommeil stupide.
Tant l’écheveau du temps lentement se dévide !

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Commentaires

  1. Je suis vraiment content par-apport a ce que j'ai lu sur monsieur Charles Baudelaire,mais dommage qu'il ne vit plus avec nous. Paix a son àme.

  2. Calice d’or
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    Le calice, songeant au charpentier qu’il aime,
    En un recueillement nostalgique est tombé ;
    Par le vitrail, on voit un peu de ciel plombé,
    Un grillon, dans un coin, bredouille un vieux blasphème.

    Calice ni grillon n’ont le don des poèmes,
    Le silence par eux n’est guère perturbé ;
    Ce silence d’église est de grâce enrobé,
    L’esprit va savourant son absence de thème.

    Le calice est tombé dans un sommeil limpide,
    Si l’on n’y prend bien garde, on croirait qu’il est vide ;
    Trois gouttes, cependant, en tapissent le fond.

    Le vin en sang muté, que nul fruit ne surpasse,
    Se fige dans la coupe et semble un vin de glace,
    Reflétant de furtifs et malicieux démons.

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