Poème 'Sur les débuts de mademoiselle Amina Boschetti' de Charles BAUDELAIRE dans 'Les Épaves'

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Sur les débuts de mademoiselle Amina Boschetti

Charles BAUDELAIRE
Recueil : "Les Épaves"

Amina bondit, — fuit, — puis voltige et sourit ;
Le Welche dit : « Tout ça, pour moi, c’est du prâcrit ;
Je ne connais, en fait de nymphes bocagères,
Que celle de Montagne-aux-Herbes-Potagères. »

Du bout de son pied fin et de son œil qui rit,
Amina verse à flots le délire et l’esprit ;
Le Welche dit : « Fuyez, délices mensongères !
Mon épouse n’a pas ces allures légères. »

Vous ignorez, sylphide au jarret triomphant,
Qui voulez enseigner la walse à l’éléphant,
Au hibou la gaîté, le rire à la cigogne,

Que sur la grâce en feu le Welche dit : « Haro ! »
Et que le doux Bacchus lui versant du bourgogne,
Le monstre répondrait : « J’aime mieux le faro ! »

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Commentaires

  1. Échanson du Cosmos
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    Ganymède s’approche, il salue, il sourit ;
    Les plus excellents vins au menu sont inscrits,
    Dont la Terre rira d’ivresse passagère
    Et du dieu vigneron se fera messagère.

    Rien ne plaît au Cosmos comme un astre qui rit
    Et qui fait déborder le délire et l’esprit.
    Ce vin n’est pas chargé de saveur mensongère,
    La Terre le savoure et devient plus légère.

    Gloire à toi, Ganymède, échanson triomphant
    Par qui plus d’un buveur voit un rose éléphant,
    Bien que ce soit parfois une verte cigogne !

    La planète ivre engendre un fier Clément Marot,
    Auteur de beaux sonnets, amateur de bourgogne,
    Excellent connaisseur des lames de tarot.

  2. Alpha Camelopardalis
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    L’étoile est escortée de planètes sauvages
    Aux chétifs habitants, de leur sort incertains ;
    Je ne sais presque rien de ces astres lointains,
    Mais se rendre auprès d’eux serait un beau voyage.

    Pline a dit qu’on y parle un ténébreux langage
    N’ayant aucun rapport avec ceux des humains ;
    Il écrivit cela sur un long parchemin,
    Ce savant de jadis auquel je rends hommage.

    La troisième planète a des jeteurs de sorts
    Auprès des vieux tombeaux disant «Debout les morts»,
    Le prêtre de ces lieux les contemple avec crainte.

    L’étoile au long du jour diffuse sa clarté
    Dont ils sont, tous ces morts, un peu réconfortés :
    Les sorts à leur repos ne portent plus atteinte.

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