Poème 'Exil' de ATOS

Exil

ATOS

- Je marche vers un pays que je sais
mais que je ne connais pas.

Combien de vies me reste- t- il à traverser ?
combien de doutes, de combats emportés,
d’espoirs malmenés, d’écailles au chapelet des promesses,
d’échardes écloses dans les tambours de l’aube,
combien de murmures aux lèvres du temps,
de joies puisées aux ruisseaux de nos rires,
combien d’attentes, d’élans, de paroles absentes de raisons,
de mots pantelants aux grilles gercées de nos enfances,
de sables repoussés, de terres oubliées ?

- Je marche vers un pays que je sais
mais que je ne connais pas.

Combien de vies encore ?

Combien d’ivresses complices, de compagnes nuits,
d’incroyables jours,de manques redoutés,
de désirs mis en taille, de visions statufiées,
de fracas de poussières, de mains pétrifiées, de fers à nos ventres,
de course à l’inverse de nos sens,
combien de foudres, d’alarmes,
de vagues déversées, de pulsations de seconde, de fractions de vide,
d’absolu défini, d’incertitude infini, d’infinité brisé, d’équations imaginées,
de roches mises en poche, d’étoiles accrochée à nos lances dressées,
Combien de mots mis en regard, combien de silences opérés sous nos tentes,
de chants hissés à nos fronts, de parfums mis en voile , de couleurs dans l’écho nos bruits, de formes récitées à la lumière tremblante de l’encre, sous les prières de nos routes ?

Combien de vies encore ?

Combien de geste disséqués, combien de pas suspendus, de sourires dessinés,
de mains entre ouvertes , de murs tombés, de cités éventrées, de royaumes exhaussés, d’aimés, de haïs, de tendresses nourries, de patience déposée, de rivages embrassées, de famines, de soifs, de torrents, de vertiges, de tout en recul, et de rien aux fossés , de lignes courbes en tracé, de voyages annoncés, de lettres déliées, de solitudes arrachées à la peau de notre humanité,
de basculement, de projection, d’intentions,de rythmes, de refus, d’averses, de secrets, de souffles, d’intensité, de force, de secousses, de sauts, de portées ?

Combien de vies encore,
Pour ce pays,
ce pays que je sais depuis toujours
mais que je connais pas encore.
Combien de vies ?

Une
…. et toutes à la fois,
Mille et..
personne en dedans moi.

une horde affamée, cruelle et infidèle dressée
me pourchassant jusqu’au dernier de mes jours.
La parole d’un ami qui se tient près de moi
sous le déluge de mes lames.
Une foule obsédante, hurlante, ventrilocante,
m’entraînant sur l’arrête du gouffre.
Le maître de la Noire tenant sous le flambeau
sa lecture à mes bancals repos.
Un esprit congédié de son âme,
Cette âme sans abri qui vient cogner
à l’invraisemblance de l’ autre ?

Combien de vies ?
Encore.
Par quels visages ?

Combien de vies
Faudra t il encore traverser
Pour rejoindre mon pays
et reconnaître en lui
tout ce que je ne savais pas.

Je marche toujours vers un pays que je sais
et que je ne redoute pas.
Je marche et ne m’arrêterai pas.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

© 2019 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS