Poème 'J’aime le verd laurier, dont l’hyver ny la glace' de Etienne JODELLE dans 'Les Amours'

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J’aime le verd laurier, dont l’hyver ny la glace

Etienne JODELLE
Recueil : "Les Amours"

J’aime le verd laurier, dont l’hyver ny la glace
N’effacent la verdeur en tout victorieuse,
Monstrant l’eternité à jamais bien heureuse
Que le temps, ny la mort ne change ny efface.

J’aime du hous aussi la toujours verte face,
Les poignans eguillons de sa fueille espineuse :
J’aime la lierre aussi, et sa branche amoureuse
Qui le chesne ou le mur estroitement embrasse.

J’aime bien tous ces trois, qui toujours verds ressemblent
Aux pensers immorteles, qui dedans moy s’assemblent,
De toy que nuict et jour idolatre, j’adore :

Mais ma playe, et poincture, et le Noeu qui me serre,
Est plus verte, et poignante, et plus estroit encore
Que n’est le verd laurier, ny le hous, ny le lierre.

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Commentaires

  1. Dans l'azur
    -----------

    Le pluvian boréal chante au pays de glace :
    L'accompagne, le soir, la harpe du sorcier.
    La grenouille polaire arpente le glacier
    Ainsi que la banquise, où légère est sa trace.

    Dès que ce batracien montre sa verte face,
    Un arctique fantôme, enfourchant son coursier,
    L'accompagne au troquet où ils vont apprécier
    Un thé du Kamtchatka dans une grande tasse.

    En ces terres du Nord, les instants se ressemblent ;
    Dans les mêmes endroits, les mêmes gens s'assemblent,
    Disant assidûment du mal des dirigeants.

    Le mur de la taverne est vierge de verdure :
    Elle ne saurait vivre à ces températures ;
    Les ours dansent au loin, sous la lune d'argent.

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Etienne JODELLE

Portait de Etienne JODELLE

Étienne Jodelle, né en 1532 à Paris où il est mort en juillet 1573, est un poète et dramaturge français. Membre de la Pléiade, il s’efforça d’en appliquer les principes à l’art théâtral. Il fut le premier à utiliser l’alexandrin dans la tragédie. Il apparaît comme un précurseur de la tragédie à... [Lire la suite]

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