Poème 'Je vivois mais je meurs, et mon cour gouverneur' de Etienne JODELLE dans 'Les Amours'

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Je vivois mais je meurs, et mon cour gouverneur

Etienne JODELLE
Recueil : "Les Amours"

Je vivois mais je meurs, et mon coeur gouverneur
De ces membres, se loge autre part : je te prie
Si tu veux que j’acheve en ce monde ma vie,
Rend le moy, ou me rens au lieu de luy ton coeur.

Ainsi tu me rendras à moy-mesme, et tel heur
Te rendra mesme à toy : ainsi l’amour qui lie
Le seul amant, liera et l’amant et l’amie :
Autrement ta rigueur feroit double malheur.

Car tu perdras tous deux, moy premier qui trop t’aime,
Et toy qui n’aimant rien voudras haïr toy mesme :
Mais, las ! si l’on reproche à l’un et l’autre un jour

Et l’une et l’autre faute : à moy qui trop t’estime,
A toy qui trop me hais, plus grand sera ton crime,
D’autant plus que la haine est pire que l’amour.

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Commentaires

  1. Chapelle en un quartier désert
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    Dans ce sobre édifice, abri pour le flâneur,
    J’observe que parfois un vieillard vient et prie;
    Moi, j’aime y contempler l’image de Marie,
    Ou de saint Isidore, ou d’autres saints, mineurs.

    Sur une croix se tient le charpentier sauveur
    Dont la parole fut comme une poésie;
    Pour les prêtres d’alors, ce fut une hérésie,
    Mais nous en retenons la subtile saveur.

    Au temps jadis, David a mis dans un poème
    L’ardeur d’un noble roi qui sait que Dieu nous aime;
    Tu t’en es souvenu à la fin de tes jours.

    Tes mots qui donnent vie aux livres qu’on imprime
    Nous apaisent le coeur mieux que de vaines rimes,
    Tu désarmes la haine, il nous reste l’amour.

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Etienne JODELLE

Portait de Etienne JODELLE

Étienne Jodelle, né en 1532 à Paris où il est mort en juillet 1573, est un poète et dramaturge français. Membre de la Pléiade, il s’efforça d’en appliquer les principes à l’art théâtral. Il fut le premier à utiliser l’alexandrin dans la tragédie. Il apparaît comme un précurseur de la tragédie à... [Lire la suite]

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