Poème 'L’indifférence' de René-François SULLY PRUDHOMME dans 'Les vaines tendresses'

L’indifférence

René-François SULLY PRUDHOMME
Recueil : "Les vaines tendresses"

Que n’ai-je à te soumettre ou bien à t’obéir ?
Je te vouerais ma force ou te la ferais craindre ;
Esclave ou maître, au moins je te pourrais contraindre
A me sentir ta chose ou bien à me haïr.

J’aurais un jour connu l’insolite plaisir
D’allumer dans ton coeur des soifs, ou d’en éteindre,
De t’être nécessaire ou terrible, et d’atteindre,
Bon gré, mal gré, ce coeur jusque-là sans désir.

Esclave ou maître, au moins j’entrerais dans ta vie ;
Par mes soins captivée, à mon joug asservie,
Tu ne pourrais me fuir ni me laisser partir ;

Mais je meurs sous tes yeux, loin de ton être intime,
Sans même oser crier, car ce droit du martyr,
Ta douceur impeccable en frustre ta victime.

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Commentaires

  1. Sagesse de Diogène
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    Tu vivais, fier et fort, sans jamais obéir ;
    Les dieux et les démons, tu ne daignais les craindre.
    Des belles qu'un chacun toujours rêvait d'étreindre,
    Tu éteignais en toi le fugitif désir.

    Diogène, homme serein, maître de ton loisir,
    Quand s'allume un besoin, tu sais comment l'éteindre,
    Tu ne convoites point ce qu'on ne peut atteindre,
    Tu fais un geste simple en vue de ton plaisir.

    Un empereur survient, qui admire ta vie,
    Beaucoup moins que la sienne aux hommes asservie ;
    Il dit un mot aimable, avant de repartir

    Faire une autre conquête ou une autre victime.
    Tu restes bien au frais, de toi-même l'intime,
    Plus fort qu'un souverain, plus digne qu'un martyr.

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René-François SULLY PRUDHOMME

Portait de René-François SULLY PRUDHOMME

René Armand François Prudhomme, dit Sully Prudhomme, né à Paris le 16 mars 1839 et mort à Châtenay-Malabry le 6 septembre 1907, est un poète français, premier lauréat du Prix Nobel de littérature en 1901. Fils d’un commerçant, René Armand Prudhomme, qui souhaite devenir ingénieur, fait ses études au lycée Bonaparte,... [Lire la suite]

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