Poème 'La Cloche du soir' de Jules VERNE

La Cloche du soir

Jules VERNE

La barque s’enfuyait sur l’onde fugitive ;
La nuit se prolongeant comme un paisible soir
A la lune du ciel pâle, méditative,
Prêtait un doux abri dans son vêtement noir ;

Dans le lointain brumeux une cloche plaintive
Soupire un son pieux au clocher du manoir ;
Le saint bruit vient passer à l’oreille attentive,
Comme une ombre que l’oeil croit parfois entrevoir ;

A la pieuse voix la nacelle docile
Sur l’onde qui frémit s’arrête, puis vacille,
Et sur le flot dormant, sans l’éveiller, s’endort ;

Le nautonnier ému d’une main rude et digne
Courbe son front ridé, dévotement se signe…
Et la barque reprend sa marche vers le port.

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Commentaires

  1. Dame nautonière
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    Elle est exploratrice, elle n’est pas craintive,
    Sa barque sans rameurs avance dans le noir ;
    Puis la lune qui vient illuminer le soir
    Adoucit quelque peu son errance tardive.

    La dame est voyageuse, et n’est pas fugitive,
    Qui sans regrets quitta son antique manoir ;
    Car dans notre univers sont tant de lieux à voir,
    Tant de grandes cités sur l’une et l’autre rive !

    Le silence est profond, quand l’océan s’endort,
    Éteintes, désormais sont les rumeurs du port ;
    À peine perçoit-on le souffle des sirènes.

    La dame en son vaisseau n’a rien à redouter,
    Cette navigatrice est des flots souveraine ;
    Je rêve qu’elle chante, et j’aime l’écouter.

  2. L’écrivain et le chat

    C’est un grand créateur de pièces fugitives
    Qu’il publie le matin mais qu’il écrit soir,
    Au clair d’une bougie, flamme méditative,
    Qui lors des coups de vent, vacille dans le noir.

    Ses poèmes ont souvent une teneur plaintive
    Depuis qu’elle a quitté son luxueux manoir
    Faute d’avoir trouvée une oreille attentive ;
    Ils faisaient chambre à part, on pouvait l’entrevoir.

    L’écrivain se console avec un chat docile,
    Lui ne regrette pas le départ de Cécile,
    Il s’assied à sa place et dans son lit s’endort.

    De l’amour du félin, l’homme éconduit est digne,
    Il lui a consacré quelques un de ses signes,
    Un sonnet bien tourné qu’on entend sur le port.

  3. Barque de septembre
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    Je vais de l’une à l’autre rive,
    Sans craindre les nuages noirs ;
    Je vais du matin jusqu’au soir,
    J’aime les errances tardives.

    Quelques ondines fugitives
    Discrètement se laissent voir ;
    Elles sont porteuses d’espoir,
    Ces ambassadrices furtives.

    L’ondin dans son manoir s’endort,
    Les feux s’allument dans le port ;
    Je veux reposer ma carène.

    Je ne vais donc rien ajouter,
    Mieux vaudra la voix souveraine
    Du silence, à n’en point douter.

  4. * * *
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    Barque sans barreur,
    Trajectoire sans repères,
    On s'y habitue.

  5. Comment appelle t-on ce type de poéme ?
    Quel est le type de rime rencontre dans la premier strophe?
    Quel sont les figures de style utilisè dans ce poéme?

  6. L’eau verte
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    La nef dérive au gré de l’onde,
    Glissant vers le couchant vermeil ;
    Les nautoniers dans leur sommeil
    Rêvent des îles de la Sonde.

    J’entends une sirène blonde
    Qui bénit le rouge soleil ;
    Ses mots sont aux nôtres pareils,
    Qui s’adressent à tout le monde.

    Un ondin trouve ça marrant,
    Mais Poséidon le reprend ;
    À se recueillir il l’appelle.

    La nef va vers je ne sais où,
    Elle avance droit devant elle ;
    À bord, tout le monde s’en fout.

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Jules VERNE

Portait de Jules VERNE

Jules Verne, né le 8 février 1828 à Nantes en France et mort le 24 mars 1905 à Amiens en France, est un écrivain français dont une grande partie des œuvres est consacrée à des romans d’aventures et de science-fiction (ou d’anticipation). En 1863 paraît chez l’éditeur Pierre-Jules Hetzel (1814-1886) son... [Lire la suite]

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