Poème 'Le cancan' de Jules VERNE

Le cancan

Jules VERNE

J’ai souvent du jeune homme admiré le cancan ;
Je l’ai vu s’agiter à l’instar de la canne,
Voler plus promptement que les soldats du
Khan,
Plus vite que le plomb fuyant la sarbacane ;

J’ai souvent entendu des vieilles le cancan,
Qui sournois dit son mot, ferme un œil et ricane,
Puis gronde, et puis s’enflamme, et devient un volcan,
Qui trop souvent hélas ! vomit des coups de canne ;

Eh bien ! un bon penseur, du haut du
Vatican,
Sans mettre son esprit trop longtemps au carcan,
Peut dire, sans laisser matière à la chicane :

Le cancan, c’est la vie ! ici, dans
Astrakan,
Qu’on soit femme, homme,
Turc,
Français,
Russe,
Anglican ;

Vieux… on fait des cancans ; et jeune… l’on cancane !

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Commentaires

  1. Planton du volcan
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    De l'inframonde rouge il connaît les arcanes,
    Il a plongé souvent dans le fond du volcan ;
    Il n'est pas effrayé quand un démon ricane,
    Ni quand leur troupe fait un infernal boucan.

    Planton de ces hauts lieux, je ne sais depuis quand,
    Il n'utilise point la magie vaticane,
    Ni la sorcellerie des prêtres gallicans ;
    Il ne récite pas de prière anglicane,

    Tous ces Pater Noster sont bons pour les croquants ;
    Mais il sait des jurons en argot de Toscane,
    Que même Lucifer trouve presque choquants,
    Et puis, il peut frapper très fort, avec sa canne.

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