Poème 'Romance' de Jules VERNE

Romance

Jules VERNE

Ecoute-moi,
Magdeleine,
L’hiver a quitté la plaine
Qu’hier il glaçait encor.
Viens dans ces bois d’où ma suite
Se retire, au loin conduite
Par les sons errants du cor.
Viens, on dirait,
Magdeleine,
Que le printemps, dont l’haleine
Donne aux roses leur couleur
A cette nuit, pour te plaire
Secoué sur la poussière
Sa robe pleine de fleurs !
Si j’étais, ô
Magdeleine,
L’agneau dont la blanche laine
Se démêle sous tes doigts !
Si j’étais l’oiseau qui passe
Et que poursuit dans l’espace
Un doux appel de ta voix.
Si j’étais, ô
Magdeleine,
L’hermite de
Tombelaine
Dans son pieux tribunal
Quand ta bouche à son oreille
De tes péchés de la veille
Livre l’aveu virginal !
Si tu voulais,
Magdeleine
Au lieu de la marjolaine
Qui pare ton chaperon,
Tu porterais la couronne
De duchesse ou de baronne
Dont la perle est le fleuron !
Si tu voulais,
Magdeleine,
Je te ferais châtelaine,
Je suis le comte
Roger !…
Quitte pour moi ces chaumières…
A moins que tu ne préfères
Que je me fasse berger !

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

© 2021 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS