Poème 'La Mort' de Jules VERNE

La Mort

Jules VERNE

Dans ce pauvre village où la vie est amère,
Le triste champ de mort, à l’aspect maladif,
Vient étaler les pleurs du cyprès et de l’if
A l’âme du passant qui pâlit et se serre !

Là, point de ces tombeaux, au chapiteau plaintif,
Où des riches s’endort la gloire mensongère,
Mais de fragiles croix, indice si naïf
De l’endroit où du pauvre a fini la misère !

A la ville où toujours pétille le plaisir,
Où l’abondance obvie au plus simple désir,
La mort n’est pas la fin d’un esclavage !

Mais au triste village, où gît l’accablement,
Oh ! la mort ne saurait venir trop promptement !…
Et pourtant à la ville, on meurt comme au village !

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Commentaires

  1. Bottes d’Ankou
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    C’est le Valet de Mort, personnage funèbre,
    Que tu rencontreras en sortant du tripot ;
    Tu le reconnaîtras d’ailleurs à son chapeau,
    À ses bottes aussi, martelant les ténèbres.

    Tu ne tenteras point de t’enfuir comme un zèbre,
    Mais sois reconnaissant pour l’éternel repos ;
    Au nom du Ciel, pourquoi vouloir sauver ta peau ?
    Tu n’auras plus besoin de soigner tes vertèbres.

    Assez bien arrosé fut ton dernier repas,
    Et pour bien digérer rien ne vaut le trépas ;
    On meurt un peu moins bien sur un estomac vide.

    Ton corps ne sera point la pâture du lynx,
    Ni du sombre vautour, ni du chacal avide ;
    Ton âme planchera sur l’énigme du sphinx.

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