Poème 'Lay' de Jules VERNE

Lay

Jules VERNE

Courir après la gloire,
Ce fantôme illusoire,

Ce pic,
C’est bien follement croire
Grimper une glissoire

A pic !
C’est nier le purgatoire
Au sein d’un consistoire

Public !
C’est sans un vomitoire
Le mortel poison boire

D’aspic.
C’est à son auditoire
Souhaiter le déboire

D’un tic,
Et c’est d’un géant voire
Soulever l’écritoire

Sans cric.

Le monde n’est qu’un grand billard,
Où le joueur le plus habile,
Gouvernant la bille indocile
Qu’il dirige dans son écart,
Gagne l’adversaire débile.

Souvent il manque par hasard
Le coup de tous le plus facile ;
Mais si sa fortune vacille,
Soudain, le feu de son regard
La fixe et la rend immobile.

Le perdant qui grince des dents
Devant l’ennemi qui le coule
Souvent abandonne la foule ;
Jetant sa queue aux quatre vents,
Du fleuve il se livre à la houle !

La fortune de bien des gens
A cette universelle poule,
Sur le tapis hasardeux roule,
Et par d’imprévus contretemps
Dans la blouse ‘ se perd, s’écroule !

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