Poème 'La Dame du Printemps' de Albert SAMAIN dans 'Symphonie héroïque'

La Dame du Printemps

Albert SAMAIN
Recueil : "Symphonie héroïque"

Ses longs cheveux d’aurore ogivant son front lisse,
La Dame du Printemps, en un songe éternel,
Au bord du lac où sonnent les cors d’Avenel
Mire les fleurs de sa robe de haute lisse.

Parmi l’Avril épars, et les tièdes délices,
Limpide, elle sourit à l’azur fraternel.
Ses yeux ont la couleur du lac originel,
Et son corps se balance au rythme des calices.

L’étendard bleu frissonne au vent sur les tourelles :
Or le doux mal qui chante au coeur des tourterelles
En son coeur berce un rêve ineffable à saisir.

C’est la langueur d’aimer qui brame sur la berge,
Et de ses longues mains, elle flatte, la Vierge,
À ses pieds allongé son tigre, le Désir.

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Commentaires

  1. Vestale de la steppe
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    Elle voudrait passer par le miroir d’Alice
    Ou trouver un abri dans un un songe éternel ;
    N’ayant point de miroir, et pas même un tunnel,
    Elle va sous le ciel où des nuages glissent.

    Elle connut jadis la ville et ses délices,
    Et quelques étudiants gentils et fraternels ;
    Mais elle n’avait pas des goûts traditionnels,
    Ne demandant jamais le pain ni le calice.

    Le seigneur d’un manoir aux antiques tourelles
    A voulu s’emparer de cette tourterelle ;
    Mais c’est une vestale impossible à saisir.

    Ni pour le vagabond qui chante sur la berge,
    Ni pour le moine assis dans la lueur des cierges,
    Ni même pour un prince, elle n’a de désir.

  2. Profil d’une vestale
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    Ayant apprivoisé le lapin blanc d’Alice,
    Elle apprend de sa bouche un axiome éternel ;
    Poursuivant son chemin dans ce profond tunnel,
    Elle doit prendre garde à la pente qui glisse.

    Le thé du chapelier, ça, c’est un pur délice,
    Le lièvre est amical, le loir est fraternel ;
    De la Reine de Coeur les cris obsessionnels
    Semblent d’un noir démon l’insolente malice.

    Carroll dans sa demeure aux gothiques tourelles
    En parle dans un texte orné d’une aquarelle
    Et rempli d’allusions qu’on finit pas saisir.

    Quelque chasseurs de Snark s’attardent sur la berge,
    Attendant que leur proie des profondeurs émerge ;
    Cela, sans la vestale, elle a d’autres désirs.

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Albert SAMAIN

Portait de Albert SAMAIN

Albert Samain, né à Lille le 3 avril 1858, mort à Magny-les-Hameaux le 18 août 1900, est un poète symboliste français. Son père étant décédé alors qu’il n’avait que 14 ans, il dut interrompre ses études pour gagner sa vie et devint employé de commerce. Vers 1880, il fut envoyé à Paris, où il décida de rester.... [Lire la suite]

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