Poème 'La déconvenue' de dutaillyphilippe

La déconvenue

dutaillyphilippe

Un homme est debout sur le quai d’une gare
(que fais-tu à présent, ressens-tu mon attente ?)
là des gens décidés, là d’autres qui s’égarent
(sens-tu, dans mon esprit, toute ma joie latente ?)
l’horloge ressemble à un vieux métronome
(j’ai envie de te voir, j’ai envie de te prendre !)
qui compte des instants froidement économes
(j’ai tant d’avenir et de rêves à t’apprendre !)
elle bouge si peu et par intermittence
(viens vite, mon amour, chasse ma solitude !)
qu’elle semble bloquée au temps de l’inconstance
(je veux tant que ta voix guide mes attitudes !)
ses aiguilles tricotent du temps inutile
(tu seras la princesse de mes rêves dorés !)
des minutes faites pour la masse futile
(je serais ton disciple et saurais t’adorer !)

Enfin, sur la voie quatre, le train est parvenu…

Le quai se gonfle d’une foule parasite
(sens-tu donc, mon amour, ma grande fébrilité !)
une vieille dame a le pas qui hésite
(apparais, ma chérie, sois mon actualité !)
un couple se retrouve ; Leur bonheur transpire
(où es-tu, mon ange, dans cet univers dense ?)
un homme tombe, se relève et soupire ;
(Je veux tant entendre tes moindres confidences !)
des haut-parleurs hurlent des anodins messages
(souviens-toi du baiser qui enflamma nos têtes !)
des gens se bousculent dans l’incessant passage
(tu es ma Joconde et je suis ton esthète !)
puis, petit à petit, la foule s’est clairsemée
(mon amour, j’ai soudain un terrible présage !)
le couple est toujours là, ils semblent vraiment s’aimer
(pourquoi ne vois-je pas s’approcher ton visage ?)

Sur le quai de la gare, personne n’est venu….

25 03 1998

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