Poème 'L’automne suit l’Esté et la belle verdure…' de Jacques GRÉVIN

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L’automne suit l’Esté et la belle verdure…

Jacques GRÉVIN

L’automne suit l’Esté et la belle verdure
Du printemps rajeuni est ensuvant l’yver,
Tousjours sur la marine on ne voit estriver
Le North contre la nef errante à l’aventure,

Nous ne voyons la Lune estre tousjours obscure ;
Ainsi comme un croissant on la voit arriver ;
Toute chose se change au gré de la nature,
Et seul ce changement je ne puis esprouver :

Un an est jà passé, et l’autre recommence,
Que je suis poursuyvant la plus belle de France
Sans avoir eschangé le courage et le cueur

Qui fait qu’oresnavant je ne me veux fier
A celuy qui a dict, comme asseuré menteur,
Qu’on n’est pas aujourdhuy ce qu’on estoit hier.

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Commentaires

  1. Rongeur de sinople
    -----------------------

    Ce rongeur innocent se nourrit de verdure,
    Et Nature jamais ne songe à l’en priver ;
    Sa pitance du jour est facile à trouver,
    L’approvisionnement n’est pas une aventure,

    Il dort, aussi longtemps que la nuit est obscure,
    Et de rêver aussi, ça peut lui arriver ;
    Car le songe survient au gré de la nature,
    Et tout ce qu’un dormeur, la nuit, peut éprouver.

    Un jour qui se termine, et l’autre recommence,
    Ce rongeur fait sa vie dans les plaines de France
    Et nul mauvais penchant ne tourmente son coeur.

    Car il ne se perd pas dans des errances fières,
    Il n’entre pas au bar pour boire de la bière :
    Jamais il n’offre un verre au tavernier songeur.

  2. Coléoptère d’antan
    ------------------ PdP 9-5-17

    Je surgissais, jadis, au coeur de la verdure,
    Bourdonnant à loisir, mangeant sans me priver ;
    Et je suis, maintenant, peu facile à trouver,
    Ayant bien commencé, mal finit l’aventure.

    Que vous importe, à vous, ma destinée obscure,
    C’était dans mon karma, ça devait m’arriver ;
    Car le déclin survient au gré de la nature,
    Et ce monde n’est là que pour nous éprouver.

    Une époque prend fin, mais une autre commence,
    L’Histoire se souvient des hannetons de France
    Et d’anciens écoliers les gardent dans leur coeur.

    Oui, c’est nous qui planions en des errances fières,
    Pour ces vers, évoquant notre épopée altière,
    Nous offrons un sourire au rhapsode songeur.

  3. Ambiportier
    --------

    Un mystérieux portail au coeur de la verdure
    Semble délimiter un domaine privé ;
    Espace où l’on ne sait ce qu’on pourra trouver,
    Car un ambiportier interdit l’aventure.

    Il est impressionnant, dans sa livrée obscure;
    Avec lui, nul ne sait ce qui peut arriver,
    Ambiportier pesant, force de la nature,
    Un démon n’oserait ton pouvoir éprouver.

    Qui nous dira comment ton histoire commence?
    Es-tu, pour ton honneur, un vieux soldat de France
    Qui d’anciennes leçons conserve dans son coeur?

    Te souvient-il ici de tes errances fières,
    De mes vers, évoquant ton épopée altière ?
    Tu ne daignes répondre, ambiportier songeur.

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Jacques GRÉVIN

Portait de Jacques GRÉVIN

Jacques Grévin, médecin, homme de théâtre et poète, né à Clermont-en-Beauvaisis en 1538, fut l’ami de Ramus, de Du Bellay et Pierre de Ronsard. Dans les dernières années de sa vie, il devint le médecin de la duchesse de Savoie, sœur de Henri II de France. C’est à sa cour qu’il est mort, en novembre 1570, à 32... [Lire la suite]

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