Poème 'Le chat et l’oiseau (Fable)' de guillaumePrevel

Accueil > Les membres > Page de poésie de guillaumePrevel > Le chat et l’oiseau (Fable)

Le chat et l’oiseau (Fable)

guillaumePrevel

Un chat bien ventru et gras,
Fouinait sa truffe dans la brouissaille
Pour trouver quelque nid et en faire son repas.
Il souhaitait ainsi sans trop d’effort faire bonne ripaille
À quelques pas de là une mère oiseau,
Couvait ses petits et vit le gros animal.
Comprenant que sa cachette lui ferait vite défaut
Elle vola au devant du danger pour épargner aux petits bien du mal,
Et se posa à quelques mètres du vilain chat,
En feignant une aile cassée
Pour détourner l’attention du vil scélérat.
Le gros matou ravi jusqu’aux oreilles se prit à rêvasser:
« Voilà qu’un présent me tombe droit du ciel
Dit-il en se léchant les babines.
Ce repas sans effort a déjà à ma bouche le goût du miel
Et ne risque pas de me casser les canines! »
L’oiseau à ces mots dit à son ennemi: »Par pitié, on n’achève pas
Ainsi les blessés, n’avez-vous donc aucune dignité?
-Presque plus rien il est vrai, répondit le chat
Croyez-vous Mère oiseau que nous allions faire un combat à l’épée?
Sur ces paroles et sans pousser l’effort
Il sautilla de joie vers l’oiseau qui ne bougea guère
(La mère attendait que le chat s’éloigne du nid pour que ses petits échappent à la mort)
Gros matou croyant toucher rapidement son salaire
Fut surpris de voir soudain l’oiseau décoller
Du sol et s’élever pour se poser à nouveau
À quelques mètres du bel enrobé,
Qui se voyait déjà lécher les os et la peau.
L’oiseau recommença, une fois, deux fois le stratagème
Pour éloigner le gros misérable
Qui était devenu tout à coup bien blême
De fatigue et de rage à force de couvrir cette terre arable.
Le chat épuisé reprit: « Allons, à quoi bon toute cette souffrance,
Je peux t’épargner les maux que tu endures,
Si tu me laisses t’accorder cette délivrance,
Mais pour cela, il faut que cette lutte ne perdure,
Plus longtemps; car ma foi, je commence à fatiguer! »
La mère oiseau continua à feindre la blessure,
Trois fois, quatre fois, jusqu’à ce qu’elle ne puisse plus distinguer,
Le lieu où nichait sa progéniture.
Puis, elle s’envola bien franchement
Au dessus du gros chat qui faisait triste mine,
En comprenant qu’il s’était fait berner benoîtement,
Avant de tomber sur le flanc comme mort de famine.

30 septembre 2013

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

© 2017 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS
Nos partenaires : Le Mot pour la frime | Poetiz | Permis moto