Poème 'Le fils du Titien' de Alfred de MUSSET dans 'Poésies nouvelles'

Le fils du Titien

Alfred de MUSSET
Recueil : "Poésies nouvelles"

Lorsque j’ai lu Pétrarque, étant encore enfant,
J’ai souhaité d’avoir quelque gloire en partage.
Il aimait en poète et chantait en amant ;
De la langue des dieux lui seul sut faire usage.

Lui seul eut le secret de saisir au passage
Les battements du coeur qui durent un moment,
Et, riche d’un sourire, il en gravait l’image
Du bout d’un stylet d’or sur un pur diamant.

O vous qui m’adressez une parole amie,
Qui l’écriviez hier et l’oublierez demain,
Souvenez-vous de moi qui vous en remercie.

J’ai le coeur de Pétrarque et n’ai point son génie ;
Je ne puis ici-bas que donner en chemin
Ma main à qui m’appelle, à qui m’aime ma vie.

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Commentaires

  1. Mon esprit est fragile, et n'est jamais très clair,
    S'il parvient à penser, c'est un peu par magie.
    Mais il est éclairé par Dame Poésie
    Et par la poésie de mes amis très chers.

    Il danse avec les mots ; ils lui sont une chair
    Qui dans ses mouvements la pesanteur défie.
    S'il vibre certains jours d'une émotion qui crie,
    Il la traduit en verbe au rythme des éclairs.

    Et puis il se repose en lisant les sonnets
    Produits, ici et là, par les gens qu'il connaît.
    Ils sont doux à son coeur comme des airs de flûte.

    Même, quand il parvient au deuxième tercet,
    Il s'étonne, il se dit : « Ma foi, je ne pensais
    Pas rencontrer ici ce vers-là comme chute ».

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