Poème 'Le vent nocturne' de Guillaume APOLLINAIRE dans 'Alcools'

Le vent nocturne

Guillaume APOLLINAIRE
Recueil : "Alcools"

Oh! les cimes des pins grincent en se heurtant
Et l’on entend aussi se lamenter l’autan
Et du fleuve prochain à grand’voix triomphales
Les elfes rire au vent ou corner aux rafales
Attys Attys Attys charmant et débraillé
C’est ton nom qu’en la nuit les elfes ont raillé
Parce qu’un de tes pins s’abat au vent gothique
La forêt fuit au loin comme une armée antique
Dont les lances ô pins s’agitent au tournant
Les villages éteints méditent maintenant
Comme les vierges les vieillards et les poètes
Et ne s’éveilleront au pas de nul venant
Ni quand sur leurs pigeons fondront les gypaètes

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gerarddebrennel, Saounera6438 et VictorNerudisto ont ajouté ce poème parmi leurs favoris.

Commentaires

  1. Apollinaire a vu des monstres se heurtant,
    Et dans sa poésie, je crois qu'on les entend ;
    On y perçoit aussi de ces voix triomphales
    Qui traversent la nuit ainsi que des rafales.
    Son vers, décontracté, n'est jamais débraillé.
    Tragique sans pleurer, comique sans railler,
    Il ne sacrifie point à la lourdeur gothique
    Ni à la symétrie des paroles antiques.
    Un mot d'esprit, parfois, nous rencontre au tournant.
    Je me tais, je m'en vais le lire maintenant ;
    Plonger dans l'univers de ce fameux poète,
    En savourer le sens, surtout, en parvenant
    À le prendre en ma serre, ainsi qu'un gypaète.

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