Poème 'Le Vin' de Théodore de BANVILLE dans 'Rondels'

Le Vin

Théodore de BANVILLE
Recueil : "Rondels"

Dans la pourpre de ce vieux Vin
Une étincelle d’or éclate;
Un rayon de flamme écarlate
Brûle en son flot sombre et divin.

Comme dans l’oeil d’un vieux Sylvain
Qu’une Nymphe caresse et flatte,
Dans la pourpre de ce vieux Vin
Une étincelle d’or éclate.

Il ne coulera pas en vain!
A le voir mon coeur se dilate.
Il n’est pas de ceux qu’on frelate
Et je lirai comme un devin
Dans la pourpre de ce vieux Vin.

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Commentaires

  1. Poète et fin buveur
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    Banville apprécie le bon vin
    Et dans un texte le relate ;
    Son âme aussitôt se dilate
    Au rythme de l'accord divin.

    À ce rouge il met vint sur vingt,
    Dont le bon vigneron se flatte ;
    Banville apprécie le bon vin,
    À le boire on voit qu'il s'éclate.

    Chantez le vin, beaux écrivains :
    Tout celui que vous avalâtes
    Et dont savamment vous parlâtes,
    Car, je ne vous le dis en vain :
    Banville apprécie le bon vin.

  2. Au lendemain de Cana
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    Avoir le meilleur vin, ce n’est pas chose vaine,
    Lui qui réconforta les rois et les bergers ;
    Même, il peut consoler un captif qu’on enchaîne,
    Et le temps de grisaille en joli temps changer.

    De toute soumission il nous peut dégager
    Et de mille notions rendre l’âme certaine ;
    Car noyer une offense, au lieu de la venger,
    En maintes occasions apporte moins de peine.

    La louange du vin nous devrons réciter
    Et les vieux vignerons fréquemment consulter ;
    Puis vider les godets, au gré de nos envies.

    Le fils du charpentier voulut, avant sa mort,
    Qu’un calice pour lui fût rempli jusqu’au bord
    De ce vin fraternel qu’il aima dans sa vie.

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