Poème 'Les trois têtes' de marisolle

Les trois têtes

marisolle

Ils étaient trois à deviser gaiement.

Trois à se raconter des histoires,

histoires de rire.

Entre amis, cela se fait

et fait plaisir.

Depuis le temps qu’ils moisissaient

sur cette toile,

ils pâlissaient terriblement

chacun perdant petit à petit

couleurs et formes et sentiment.

Le rire et la joie s’étaient éteints

grisaille et brume comblaient l’espace.

Il eût fallu les dessiner plus fort,

il eût fallu les restaurer encore,

combler les vides des couleurs,

y mettre de l’expression au coeur.

Mais non, la toile pâlissait

laissant par endroit voir une trame

toute bête et sanguinolente,

vestiges de jours anciens,

de gloire et de batailles

celles où l’on gagne des médailles.

Alors, sans un regret, sans un regard

en arrière, la lame trancha dans

le vif des sujets, les découpant,

les détruisant, les transformant,

bouillie informe,peinture et toile,

tombant à terre, se tortillant

comme vers de terre.

Et maintenant, au milieu de la toile

un grand trou s’est ouvert

pour vous permettre de voir

au-delà de la frontière,

entre le réer et l’irréel.

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