Poème 'L’Hirondelle' de Théophile GAUTIER dans 'Poésies nouvelles et inédites'

L’Hirondelle

Théophile GAUTIER
Recueil : "Poésies nouvelles et inédites"

Je suis une hirondelle et non une colombe ;
Ma nature me force à voltiger toujours.
Le nid où des ramiers s’abritent les amours,
S’il y fallait couver, serait bientôt ma tombe.

Pour quelques mois, j’habite un créneau qui surplombe
Et vole, quand l’automne a raccourci les jours,
Pour les blancs minarets quittant les noires tours,
Vers l’immuable azur d’où jamais pleur ne tombe.

Aucun ciel ne m’arrête, aucun lieu ne me tient,
Et dans tous les pays je demeure étrangère;
Mais partout de l’absent mon âme se souvient.

Mon amour est constant, si mon aile est légère,
Et, sans craindre l’oubli, la folle passagère
D’un bout du monde à l’autre au même cœur revient.

1867

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Commentaires

  1. Temps des hirondelles
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    Hirondelle, tu sais suivre les raccourcis
    Que découvrit jadis ton enfance première ;
    Tu écoutes ton coeur, qui n'est point obscurci
    Par l'inutile soin d'épargner la lumière.

    Tu dis à tes enfants, en petits mots charmants,
    Comment, dans l'air bien chaud, ouvrir leurs ailes noires,
    Comment filer dans l'air, sans crainte et sans tourment,
    Comment danser au ciel, tels des anges de gloire.

    Puis, l'automne venu, tu es sur le départ,
    Mais on voit sur le mur ton modeste repaire.
    L'hiver ne détruit point cet élégant rempart,
    Car il semble annoncer ton retour, que j'espère.

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