Poème 'L’hyver des Alpes' de Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT

L’hyver des Alpes

Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT

Ces atomes de feu qui sur la neige brillent,
Ces estincelles d’or, d’azur et de cristal
Dont l’hyver, au soleil, d’un lustre oriental
Pare ses cheveux blancs que les vents esparpillent ;

Ce beau cotton du ciel dequoy les monts s’habillent,
Ce pavé transparant fait du second metal,
Et cet air net et sain, propre à l’esprit vital,
Sont si doux à mes yeux que d’aise ils en petillent.

Cette saison me plaist, j’en ayme la froideur ;
Sa robbe d’innocence et de pure candeur
Couvre en quelque façon les crimes de la terre.

Aussi l’Olympien la void d’un front humain ;
Sa collere l’espargne, et jamais le tonnerre
Pour desoler ses jours ne partit de sa main.

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Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT

Portait de Marc-Antoine Girard de SAINT-AMANT

Marc-Antoine Girard, sieur de Saint-Amant, né à Grand-Quevilly le 30 septembre 1594 et mort à Paris le 29 décembre 1661, est un poète libertin français. Fils d’un officier de marine, issu d’une famille de marchands protestants, Saint Amant, qui commanda pendant vingt-deux ans une escadre anglaise, n’apprit pas les langues... [Lire la suite]

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