Poème 'Mnasyle' de Albert SAMAIN dans 'Aux flancs du vase'

Mnasyle

Albert SAMAIN
Recueil : "Aux flancs du vase"

Le troupeau maigre épars aux roches du rivage
Broute le noir genièvre et la menthe sauvage…
Au large la mer luit comme un métal ardent.
Soudain le bouc lascif se dresse et, titubant,
Sur la chèvre efflanquée à l’échiné rugueuse
Satisfait au soleil sa luxure fougueuse.
Et Mnasyle, l’éphèbe en fleur de Scyoné,
Aussi beau qu’une vierge et d’iris couronné,
De ses longs yeux d’or noir le regarde étonné ;
Et, pris de langueur vague en l’exil de la grève,
Laisse flotter sa main sur sa chair nue, et rêve…

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Commentaires

  1. Arbre qui parle
    ----------------

    Un arbre grandissant loin de tous les rivages
    Invente, pour lui-même, un dialecte sauvage.
    Le sens de sa parole est loin d'être évident,
    Les animaux des bois tremblent en l'entendant.

    Le boeuf, captant le son de la langue rugueuse,
    Traduit aux échassiers ces paroles fougueuses ;
    Les oiseaux, découvrant ces mots désordonnés,
    Respectent, pour leur part, un silence étonné.

    De cet arbre parleur, quand le discours s'achève,
    Les animaux, pensifs, partagent les beaux rêves.

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Albert SAMAIN

Portait de Albert SAMAIN

Albert Samain, né à Lille le 3 avril 1858, mort à Magny-les-Hameaux le 18 août 1900, est un poète symboliste français. Son père étant décédé alors qu’il n’avait que 14 ans, il dut interrompre ses études pour gagner sa vie et devint employé de commerce. Vers 1880, il fut envoyé à Paris, où il décida de rester.... [Lire la suite]

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