Poème 'Mnasyle' de Albert SAMAIN dans 'Aux flancs du vase'

Mnasyle

Albert SAMAIN
Recueil : "Aux flancs du vase"

Le troupeau maigre épars aux roches du rivage
Broute le noir genièvre et la menthe sauvage…
Au large la mer luit comme un métal ardent.
Soudain le bouc lascif se dresse et, titubant,
Sur la chèvre efflanquée à l’échiné rugueuse
Satisfait au soleil sa luxure fougueuse.
Et Mnasyle, l’éphèbe en fleur de Scyoné,
Aussi beau qu’une vierge et d’iris couronné,
De ses longs yeux d’or noir le regarde étonné ;
Et, pris de langueur vague en l’exil de la grève,
Laisse flotter sa main sur sa chair nue, et rêve…

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Commentaires

  1. Arbre qui parle
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    Un arbre grandissant loin de tous les rivages
    Invente, pour lui-même, un dialecte sauvage.
    Le sens de sa parole est loin d'être évident,
    Les animaux des bois tremblent en l'entendant.

    Le boeuf, captant le son de la langue rugueuse,
    Traduit aux échassiers ces paroles fougueuses ;
    Les oiseaux, découvrant ces mots désordonnés,
    Respectent, pour leur part, un silence étonné.

    De cet arbre parleur, quand le discours s'achève,
    Les animaux, pensifs, partagent les beaux rêves.

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