Poème 'Paroles perdues' de Charles CROS dans 'Le coffret de santal'

Paroles perdues

Charles CROS
Recueil : "Le coffret de santal"

A Stéphane Mallarmé

Après le bain, la chambrière
Vous coiffe. Le peignoir ruché
Tombe un peu. Vous écoutez, fière,
Les madrigaux de la psyché.

Mais la psyché pourtant, Madame,
Vous dit : « Ce corps vainement beau,
Caduc abri d’un semblant d’âme
Ne peut éviter le tombeau.

« Alors cette masse charnelle
Quittera les os, et les vers
Fourmillant en chaque prunelle
Y mettront de vagues éclairs.

« Plus de blanc, mais la terre brune
Sur la face osseuse. Le soir,
Plus de lustres flambants : La lune. »
C’est ce que dit votre miroir.

Vous écoutez sa prophétie
D’un air bestialement fier.
Car la femme ne se soucie
Pas plus de demain que d’hier.

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Charles CROS

Portait de Charles CROS

Charles Cros, né à Fabrezan (Aude) le 1er octobre 1842, originaire d’une famille de Lagrasse (Aude) et mort à Paris le 9 août 1888, est un poète et inventeur français. Passionné de littérature et de sciences, il fut un temps, de 1860 à 1863, professeur de chimie à l’Institut parisien des Sourds-Muets, avant de se... [Lire la suite]

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