Poème 'Place Colette' de ATOS

Place Colette

ATOS

Place Colette, j’ai vu le temps passé. Le nez au vent, il y flânait – pardi! – étonné de s’être gentiment égaré, cherchant l’extraordinaire devant un théâtre que j’avais si vite oublié.

D’une galerie à l’autre il se métamorphosait. Il était l’estivant qui visitait déjà mon passé.
J’ai vu tout ce temps qui se pressait, se bousculait, se plaisait à rire, et riait de toutes ces devantures.

La Belle Aventure, ici, s’installait. Le temps comptait ses pas et je croisais les bras.
Une heure… il se perdait. Une minute… il soupirait. A la seconde, il bondirait!

Place Colette, le temps s’est assis à mes côtés.
Jambes longues, lunettes brunes, il guettait la foule et je contais le jour.
Journaux d’un soir en chaise longue. Les doigts en disent long sur certains bas nylon.
Une corbeille débordait de ne rien savoir, un foulard se faisait la belle.
Et moi, avec le temps , nous mations une paire de fleurs dans un panier qui se faisait la malle.
Une boîte de crabe remontait la Seine. La république se restaurait, le temps m’offrait une brune.

En plein midi, l’amadouer relevait du désespoir d’être sans toi. Alors le temps m’y a poussé. Il faut toujours chercher l’ennui…
Place Colette, avec le temps , je me suis habituée à la stupidité de ce jour. Balançant le pari que je venais de prendre, je gouttais, seule, la sève de l’ortie. .
J’ai souri à l’imbécile qui n’imaginait pas que ce banc pouvait être aussi libre que moi.
Place Colette, l’attente m’a fait penser à mon oncle. Celui qui débarquait toujours là on ne l’attendait plus. «Maintenant le temps me tarde, j’ai l’entretaille qui s’agace, si je ne désire pas avant midi…, je sens que je démâte….»

Murano m’offrait un soleil rouge. Les noctambules abusent le dernier métro.
Paris tapine, et moi je pêche la sardine. J’ai maille à partir avec mon filet. Je laisse partir ma ligne. Le temps et moi, on a des rêves de baleine.

Place Colette, j’en suis venue à suivre cette idée – Faut dire qu’elle était belle ! Sur le pavé, ses ailes déposaient une poudre qui ne tarderait pas à m’enflammer. Je décollais!

Je me suis fait la belle puisque je ne changerai jamais. Le temps, la belle, et moi, on a filé tous les trois comme frisent mes anglaises,

Direction le pot aux roses! – Au quai fleuri ? Allons y!
Allons mettre un peu les cœurs en cage puisque Paris est si volage!

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