Poème 'Printemps mystique' de Jean LORRAIN

Printemps mystique

Jean LORRAIN

Sous la lune bleue aux caresses molles,
Par le clair obscur des bois épineux,
Le Printemps s’avance aux sons lumineux
Des flûtes mêlées aux voix des citholes.

Entre des fronts blancs nimbés d’auréoles
Et des yeux rieurs d’enfants curieux,
Il passe à pas lents et mystérieux,
Et sur ses pieds nus pleuvent des corolles.

Cresson argenté, violettes fines,
Primevères d’or, pales aubépines
Tombent sur ses pas en clairs encensoirs ;

Et par les ravins, l’odorante neige
Des pommiers, fumant dans l’ombre des soirs,
Illumine Avril et son doux cortège.

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Commentaires

  1. Feuilles volantes
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    Cliquette, clavier, pour des pensées molles :
    Elles peuvent prendre un sens épineux.
    L'été, sur sa fin, devient lumineux ;
    La chauve-souris dans les grands bois vole.

    Point de bruit encore aux cours des écoles ;
    Silence insolite au coeur de ces lieux.
    Le jour raccourcit, le soir, sous nos yeux,
    L'été se finit, soyons moins frivoles.

    Muse, le temps file ; ah, vraiment, que n'ai-je
    L'art de ralentir des jours le cortège,
    À l'automne, ainsi, nous pourrions surseoir.

    Barde, trace-nous, de ta plume fine,
    Le chant qu'aujourd'hui ton cerveau rumine :
    Ou chante-le-nous, dans la paix du soir.

  2. Quark onirique
    ---------

    Je suis le cryptoquark, nul ne m’observera,
    Aucun pauvre rimeur ne me saurait décrire ;
    Depuis assez longtemps leurs efforts me font rire,
    Et la soif de savoir qui tous les dévora

    Sachez donc que ce monde est un vaste fatras,
    Car tout semble indiquer qu’il provient d’un délire ;
    Dans quelques bons auteurs j’ai d’ailleurs pu le lire,
    Et même, un héraldiste un jour le démontra.

    Je suis l’Inexistant qui rôde et se prélasse,
    Je ne suis d’aucun temps, je ne suis d’aucun lieu ;
    En vain vous explorez votre terre et vos cieux.

    Aucune théorie ne m’accorde une place,
    Et, si vous m’en croyez, je dis que c’est tant mieux ;
    Dans l’accélérateur nul ne verra ma trace.

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Jean LORRAIN

Portait de Jean LORRAIN

Paul Alexandre Martin Duval, dit Jean Lorrain, est un écrivain français à très forte tendance parnassienne, né à Fécamp le 9 août 1855 et mort à Paris le 30 juin 1906.
Jean Lorrain a été l’un des écrivains scandaleux de la Belle Époque, au même titre que Rachilde, Hugues Rebell et Fabrice Delphi. Ses œuvres peuvent... [Lire la suite]

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