Poème 'Ses purs ongles très-haut …' de Stéphane MALLARME

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Ses purs ongles très-haut …

Stéphane MALLARME

Ses purs ongles très-haut dédiant leur onyx,
L’Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore,
Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix
Que ne recueille pas de cinéraire amphore

Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx,
Aboli bibelot d’inanité sonore,
(Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx
Avec ce seul objet dont le Néant s’honore.)

Mais proche la croisée au nord vacante, un or
Agonise selon peut-être le décor
Des licornes ruant du feu contre une nixe,

Elle, défunte nue en le miroir, encor
Que, dans l’oubli fermé par le cadre, se fixe
De scintillations sitôt le septuor.

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Commentaires

  1. Quoique pleins d'une musicalité spéciale, j'ai toujours trouvé qu'il est plutôt difficile à déchiffrer les œuvres de Mallarmé :)

  2. César buvait un coup avec Panoramix ;
    Le vin était versé de sa meilleure amphore.
    Ils parlaient de potion, de serpes, de folklore,
    Du pas de la licorne et du vol du phénix.

    Sous le velum orné d'un archéoptéryx,
    L'entretien se poursuit, s'affine, s'élabore,
    Aidé par le bon vin que leur propose encore
    La servante que vêt le tissu des bombyx.

    César, admiratif devant un athanor,
    Voudrait le reproduire en motif de décor ;
    Il goûte une potion que le vieux druide mixe.

    Voyez ça, mes amis, ce magicien est fort !
    A dit le chef romain, soudain rendu prolixe ;
    Regardez ! Mes cheveux ont la couleur de l'or.

  3. L’idée a fait le plein des cendres du Phénix
    et dès que l’acte est pur arme le sémaphore,
    ajuste la lueur émanant de l’onyx
    et sur la halte d’eau peint une métaphore.

    Au centre du Narcisse à ciel ouvert : un ptyx,
    que la dent d’aucun mal ne rendra plus sonore,
    car le double, aboli, demeure au fond du Styx
    où, sans façons, à perdre la face il s’honore.

    Le tain ne rejouant que l’envers du décor :
    l’incarcéré du cadre autrement aime, encor
    qu’il ne trouve de mots qu’entre ceux de la nixe.

    D’elle il craint à présent la course impromptue. Or,
    l’amour, ou quelque étau moins douloureux, la fixe
    et la soumet aux coups d’archet du septuor.

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