Poème 'Sonnet à sir Bob' de Tristan CORBIERE dans 'Les Amours jaunes'

Sonnet à sir Bob

Tristan CORBIERE
Recueil : "Les Amours jaunes"

Chien de femme légère, braque anglais pur sang.

Beau chien, quand je te vois caresser ta maîtresse,
Je grogne malgré moi — pourquoi ? — Tu n’en sais rien.
— Ah ! c’est que moi — vois-tu — jamais je ne caresse,
Je n’ai pas de maîtresse, et… ne suis pas beau chien.

— Bob ! Bob ! — Oh ! le fier nom à hurler d’allégresse !…
Si je m’appelais Bob…. Elle dit Bob si bien !…
Mais moi je ne suis pas pur sang. — Par maladresse,
On m’a fait braque aussi… mâtiné de chrétien.

— Ô Bob ! nous changerons, à la métempsycose :
Prends mon sonnet, moi ta sonnette à faveur rose ;
Toi ma peau, moi ton poil — avec puces ou non….

Et je serai sir Bob — Son seul amour fidèle !
Je mordrai les roquets, elle me mordrait, Elle !…
Et j’aurai le collier portant Son petit nom.

Britisch channel. — 5 may.

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Commentaires

  1. Palais de gueules
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    L’ogre a fait ce palais pour loger sa maîtresse ;
    On y vit dans l’aisance, on n’y manque de rien.
    En retour, le bel ogre espérait des caresses,
    Mais la dame préfère en donner à son chien.

    Or, ce brave animal est rempli d’allégresse ;
    L’ogre n’est pas jaloux, c’est un homme de bien.
    Puis, donner des leçons, ce serait maladresse,
    Ce serait peu conforme à l’idéal chrétien.

    Ce chien proviendrait-il d’une métempsycose ?
    Prit-il, précédemment, l’aspect d’un flamant rose ?
    Ah ! Peut-être que oui, et peut-être que non.

    Un grand palais de rêve, un ogre, un chien fidèle,
    Plusieurs muses voudraient autant de bien pour elles ;
    Ou bien, des troubadours pour célébrer leur nom.

  2. Chien sans collier
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    Ce chien ne reconnaît ni maître ni maîtresse,
    Il pourrait obéir mais ça ne lui dit rien ;
    Cependant il veut bien accepter les caresses
    Et se promène, sauf s’il fait un temps de chien.

    Or, c’est ainsi qu’il mène une vie d’allégresse,
    Accompagné d’humains qui le comprennent bien ;
    Et puis, il ne commet jamais de maladresse,
    Quand il n’est pas d’accord, sa colère il retient.

    Il s’assoit au jardin pour admirer les roses,
    Il reste sans rien faire, il songe à mille choses,
    Si j’ouvre le portail, il ne dira pas non.

    Sans qu’il ne soit soumis, l’animal est fidèle,
    À certains points de vue, c’est un clébard modèle,
    Ce poème aurait pu rendre honneur à son nom.

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