Poème 'Pauvre garçon' de Tristan CORBIERE dans 'Les Amours jaunes'

Pauvre garçon

Tristan CORBIERE
Recueil : "Les Amours jaunes"

La Bête féroce.

Lui qui sifflait si haut, son petit air de tête,
Était plat près de moi ; je voyais qu’il cherchait…
Et ne trouvait pas, et… j’aimais le sentir bête,
Ce héros qui n’a pas su trouver qu’il m’aimait.

J’ai fait des ricochets sur son cœur en tempête.
Il regardait cela… Vraiment, cela l’usait ?…
Quel instrument rétif à jouer, qu’un poète !…
J’en ai joué. Vraiment – moi – cela m’amusait.

Est-il mort ?… Ah – c’était, du reste, un garçon drôle.
Aurait-il donc trop pris au sérieux son rôle,
Sans me le dire… au moins. – Car il est mort, de quoi ?…

Se serait-il laissé fluer de poésie…
Serait-il mort de chic, de boire, ou de phtisie,
Ou, peut-être, après tout : de rien…
ou bien de Moi.

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Commentaires

  1. Fringant dragon
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    Il chante une chanson dans sa petite tête,
    Il a trouvé, dit-on, le bonheur qu’il cherchait
    Et l’on n’a jamais vu de si joyeuse bête,
    Sauf s’il songe, le soir, à des gens qu’il aimait.

    Cupidon ne peut rien sur son cœur en tempête
    Depuis qu’il a compris que trop d’amour l’usait.
    Trop paresseux, aussi, pour être un grand poète,
    Il n’a pu travailler que quand ça l’amusait.

    Il s’amusa ; c’était, du reste, un dragon drôle,
    N’ayant jamais trop pris au sérieux son rôle,
    Dramatiser, vraiment, il n’y a pas de quoi.

    Ce paisible animal, qui vit de poésie,
    Y rajoute parfois un peu de fantaisie,
    Il pourrait devenir un exemple pour moi.

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