Poème 'Pauvre garçon' de Tristan CORBIERE dans 'Les Amours jaunes'

Pauvre garçon

Tristan CORBIERE
Recueil : "Les Amours jaunes"

La Bête féroce.

Lui qui sifflait si haut, son petit air de tête,
Était plat près de moi ; je voyais qu’il cherchait…
Et ne trouvait pas, et… j’aimais le sentir bête,
Ce héros qui n’a pas su trouver qu’il m’aimait.

J’ai fait des ricochets sur son cœur en tempête.
Il regardait cela… Vraiment, cela l’usait ?…
Quel instrument rétif à jouer, qu’un poète !…
J’en ai joué. Vraiment – moi – cela m’amusait.

Est-il mort ?… Ah – c’était, du reste, un garçon drôle.
Aurait-il donc trop pris au sérieux son rôle,
Sans me le dire… au moins. – Car il est mort, de quoi ?…

Se serait-il laissé fluer de poésie…
Serait-il mort de chic, de boire, ou de phtisie,
Ou, peut-être, après tout : de rien…
ou bien de Moi.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

  1. Fringant dragon
    -----------------

    Il chante une chanson dans sa petite tête,
    Il a trouvé, dit-on, le bonheur qu’il cherchait
    Et l’on n’a jamais vu de si joyeuse bête,
    Sauf s’il songe, le soir, à des gens qu’il aimait.

    Cupidon ne peut rien sur son cœur en tempête
    Depuis qu’il a compris que trop d’amour l’usait.
    Trop paresseux, aussi, pour être un grand poète,
    Il n’a pu travailler que quand ça l’amusait.

    Il s’amusa ; c’était, du reste, un dragon drôle,
    N’ayant jamais trop pris au sérieux son rôle,
    Dramatiser, vraiment, il n’y a pas de quoi.

    Ce paisible animal, qui vit de poésie,
    Y rajoute parfois un peu de fantaisie,
    Il pourrait devenir un exemple pour moi.

  2. Maison capétienne
    ----------------------

    Les comtes de Paris se trouvent à sa tête ;
    La noblesse française un maître se cherchait,
    Il leur en fallait un qui ne fût point trop bête,
    Un oracle annonça que Capet les aimait.

    Le royaume s’accrut au milieu des tempêtes,
    Le roi de son pouvoir fort sagement usait ;
    On y vit des soldats, des prêtres, des poètes,
    Un modeste bouffon qui la Cour amusait.

    Je connais des bouffons qui sont plus ou moins drôles,
    Il en est assez peu qui sont faits pour ce rôle.
    Plaisanter, ce n’est rien, il faut trouver de quoi.

    Cette maison sacrée, qui vit de poésie,
    Sut accorder l’Histoire avec la fantaisie ;
    Nous sommes héritiers du rire de ses rois.

Rédiger un commentaire

© 2019 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS