Poème 'Vendetta' de Tristan CORBIERE dans 'Les Amours jaunes'

Vendetta

Tristan CORBIERE
Recueil : "Les Amours jaunes"

Tu ne veux pas de mon âme
Que je jette à tour de bras :
Chère, tu me le payeras !…
Sans rancune – je suis femme ! –

Tu ne veux pas de ma peau :
Venimeux comme un jésuite,
Prends garde !… je suis ensuite
Jésuite comme un crapaud,

Et plat comme la punaise,
Compagne que j’ai sur moi,
Pure… mais, – ne te déplaise, –
Je te préférerais, Toi !

– Je suis encor, Ma très-Chère,
Serpent comme le Serpent
Froid, coulant, poisson rampant
Qui fit pécher ta grand’mère…

Et tu ne vaux pas, Pécore,
Beaucoup plus qu’elle, je croi…
Vaux-tu ma chanson encore ?…
Me vaux-tu seulement moi !…

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

Aucun commentaire

Rédiger un commentaire

© 2018 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS