Poème 'À Mme Éliza Frank' de Louis-Honoré FRÉCHETTE dans 'Les Oiseaux de neige'

À Mme Éliza Frank

Louis-Honoré FRÉCHETTE
Recueil : "Les Oiseaux de neige"

Quand la nuit tombe, ― au bord secret des étangs clairs,
Où le flot balancé dans son urne trop pleine
Inonde vaguement de ses pâles éclairs
Un fouillis d’ajoncs verts qui tremble à chaque haleine, ―

Avez-vous entendu ― voix d’ange ou de sirène ―
Animant tout à coup l’ombre des bois déserts,
D’un rossignol ému la cantate sereine
S’élever lentement dans le calme des airs ?

Tout fait silence alors ― souffles, soupirs, murmures,
Lyres des soirs que Dieu suspendit aux ramures,
De la brise et des nids colloques enchantés ?…

Madame, vous avez de l’oiseau solitaire
L’accent victorieux, et chacun doit se taire
Dans le ravissement sitôt que vous chantez !

(1877)

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Commentaires

  1. Ange-hibou
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    Un hibou magicien traverse le ciel clair ;
    Je vois qu'il est porteur d'une lance de frêne
    Dont il a terrassé, plus vif que les éclairs,
    Un vieux démon-cheval dont le coeur est en peine.

    Si nombreux autrefois, les monstres, les sirènes,
    Où sont-ils, désormais ? Les verts bois sont déserts
    Où régnait le roi Pan qui jamais n'eut de reine ;
    Sa flûte ne joue plus, dans le calme des airs.

    Même, des petits trolls, les incessants murmures
    Ne se font guère entendre au travers des ramures,
    Ce monde est refroidi, perdu, désenchanté.

    Au loin, sur la colline, un Bouddha solitaire
    Contemple le ciel vide, et s'entraîne à se taire,
    Puisque les lendemains ont fini de chanter.

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