Poème 'À Paul Bourget' de Jules LAFORGUE dans 'Les Complaintes'

À Paul Bourget

Jules LAFORGUE
Recueil : "Les Complaintes"

En deuil d’un moi-le-magnifique
Lançant de front les cent pur-sang
De ses vingt ans tout hennissants,
Je vague, à jamais innocent,
Par les blancs parcs ésotériques
De l’Armide Métaphysique.

Un brave bouddhiste en sa châsse,
Albe, oxydé, sans but, pervers,
Qui, du chalumeau de ses nerfs,
Se souffle gravement des vers,
En astres riches, dont la trace
Ne trouble le temps ni l’espace.

C’est tout. À mon temple d’ascète
Votre Nom de Lac est piqué:
Puissent mes feuilleteurs du quai,
En rentrant, se r’intoxiquer
De vos AVEUX, ô pur poète !
C’est la grâce que j’me souhaite.

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Commentaires

  1. Trolls bouddhistes
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    C’est le bouddha de sable, un être de lumière,
    Qui tourne obstinément sa face vers le mur ;
    Mais le bouddha de pourpre et le bouddha d’azur
    Échangent avec lui des vérités premières.

    De gueules, ce bouddha dit la loi coutumière :
    Garder la tête froide et garder le coeur pur,
    C’est un enseignement qui n’est jamais bien dur ;
    Il convient au palais ainsi qu’à la chaumière.

    Le bouddha d’or a dit : Cultivez la sagesse ;
    Le bouddha d’argent dit : N’ayez pas de richesses,
    Ayez juste un bâton, ayez tout juste un bol.

    Et puis, je vois sourire, on ne peut plus folâtre,
    Le vrai triomphateur de ce monde grisâtre :
    Le bouddha de sinople. Il boit avec les trolls.

  2. Et du bouddha boudeur qu'en fais-tu Cochon ? Du boudin ?

  3. Un bout d'homme.

  4. un bout de bout en somme
    un bout debout
    contre vents et marées
    ah ah ah vous me faites
    marrer
    à vous croire homme
    quand vous n'êtes
    au bout
    du compte
    à l'heure du compte
    à rebours qu'un sous-homme

  5. Bouddha stylite
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    De gueules, ce Bouddha médite sans effort,
    Il est sur sa colonne, il n’en veut pas descendre ;
    Au-dessus des jardins de poussière et de cendre,
    En un petit espace, il a son réconfort.

    Dans un profond silence, il entend les accords
    Du cosmos qui partout en lui semble s’étendre ;
    Il ne se croit pas seul à pouvoir les entendre,
    Ni seul à profiter du céleste décor.

    De son ancienne vie, qui sait ce qu’il en reste,
    Le murmure d’un mot, le souvenir d’un geste,
    Peut-être aucune chose, ou peut-être un peu tout.

    Les bouddhas ne sont point bâtisseurs de royaumes,
    Ni là pour gouverner des peuples de fantômes ;
    L’esprit qui les anime est très sage et très fou.

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