Poème 'À une Demoiselle qui avait les manches' de Vincent VOITURE

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À une Demoiselle qui avait les manches

Vincent VOITURE

de sa chemise retroussées et sales

Vous qui tenez incessamment
Cent amants dedans votre manche,
Tenez-les au moins proprement,
Et faites qu’elle soit plus blanche.

Vous pouvez avecque raison,
Usant des droits de la victoire,
Mettre vos galants en prison ;
Mais qu’elle ne soit pas si noire !

Mon coeur qui vous est si dévot,
Et que vous réduisez en cendre,
Vous le tenez dans un cachot,
Comme un prisonnier qu’on va pendre.

Est-ce que brûlant nuit et jour,
Je remplis ce lieu de fumée,
Et que le feu de mon amour
En a fait une cheminée ?

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Commentaires

  1. Cet auteur s’assied vaillamment
    Et retrousse ses belles manches,
    Puis il découpe proprement
    Une moitié de feuille blanche.

    Il mobilise sa raison
    Qui lui donna tant de victoires ;
    Il la menace de prison
    Si elle ne trouve une histoire.

    Mais la raison de ce dévot
    N’aime point trop son coeur en cendres ;
    Elle s’enfuit de son cachot
    Et lui dit « Va te faire pendre ».

    Ah, voilà qu’en ce nouveau jour,
    L’inspiration part en fumée !
    Pas même une chanson d’amour ;
    Que lui dira sa dulcinée ?

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Vincent VOITURE

Portait de Vincent VOITURE

Vincent Voiture, né en 1597 à Amiens et mort le 26 mai 1648 à Paris, était un poète et prosateur français. Fils d’un marchand de vins qui suivait la cour, il fit ses études à Paris et gagna la protection de Gaston d’Orléans, frère du roi, en lui adressant une pièce de vers à l’âge de seize ans. Ce prince le nomma... [Lire la suite]

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