Poème 'Joyau mémorial' de Victor SEGALEN dans 'Stèles (du Milieu)'

Joyau mémorial

Victor SEGALEN
Recueil : "Stèles (du Milieu)"

Pour mon service et ma fidélité voici du Prince, le joyau de Mémoire, perle magique où s’enferme le passé.

Un regard jeté sur elle et tout renaît, tout s’éclaire et se ravive, luisant comme un reflet du jour présent.

Puis-je contenir ma joie ! rallumer les soleils studieux, ressentir les succès timides : compliments du maître, attente comblée des nominations.

o

Voici donc : — mais cela n’est plus mon passé à moi ! Avais-je oublié cela ? Regardons mieux, fixement, au fond, tout au fond du joyau magique :

Je vois : — je vois un homme épouvanté qui me ressemble et qui me fuit.

Poème préféré des membres

Aucun membre n'a ajouté ce poème parmi ses favoris.

Commentaires

  1. Croix magique
    ----------

    C’est un gage d’honneur et de fidélité,
    La croix qui du passé garde la remembrance ;
    D’un objet ordinaire elle prend l’apparence,
    Seuls quelques érudits savent ses qualités.

    Son transcendant pouvoir ne peut être imité,
    Pas même par l’esprit d’une vestale en transe ;
    Tout seigneur qui en use évite les outrances,
    Ses désirs abusifs se trouvent limités.

    Au rhapsode elle dit des mots surnaturels,
    Au prêtre elle décrit des faits intemporels ;
    Ils laissent de côté ce monde transitoire.

    L’Empereur, cependant, la range en un placard,
    Disant que la magie c’est fait pour les tocards
    Et que lui ne veut plus de ces vieilles histoires.

  2. Croix de bois, croix de fer
    ---------

    Le croix qui s'inverse
    Semble rester identique,
    L'envers vaut l'endroit.

  3. Magie du rêve
    ----------

    L’univers onirique, autre réalité,
    Associe le délire avec la remembrance ;
    Tu y rencontreras d’étranges apparences,
    Ainsi que les lueurs d’une sacralité.

    Notre monde banal y peut être imité,
    Puis sublimé soudain dans une ardente transe ;
    L’inattendu survient, sans craindre les outrances,
    Au labyrinthe flou qui semble illimité.

    Accueille-moi souvent, monde surnaturel
    Abrite-moi des maux, refuge intemporel ;
    Qu’importe si ces joies ne sont que transitoires !

    Muse, des cauchemars n’aie nulle crainte, car
    Ce n’est que ton esprit qui vide ses placards ;
    Cela peut engendrer d’amusantes histoires.

Rédiger un commentaire

© 2022 Un Jour Un Poème - Tous droits réservés
UnJourUnPoeme sur Facebook UnJourUnPoeme sur Twitter RSS