Poème 'Ariane' de José-Maria de HEREDIA dans 'Les Trophées'

Ariane

José-Maria de HEREDIA
Recueil : "Les Trophées"

Au choc clair et vibrant des cymbales d’airain,
Nue, allongée au dos d’un grand tigre, la Reine
Regarde, avec l’Orgie immense qu’il entraîne,
Iacchos s’avancer sur le sable marin.

Et le monstre royal, ployant son large rein,
Sous le poids adoré foule la blonde arène,
Et, frôlé par la main d’où pend l’errante rêne,
En rugissant d’amour mord les fleurs de son frein.

Laissant sa chevelure à son flanc qui se cambre
Parmi les noirs raisins rouler ses grappes d’ambre,
L’Epouse n’entend pas le sourd rugissement ;

Et sa bouche éperdue, ivre enfin d’ambroisie,
Oubliant ses longs cris vers l’infidèle amant,
Rit au baiser prochain du Dompteur de l’Asie.

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Commentaires

  1. Piaf-Tonnerre au labyrinthe
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    Piaf-Tonnerre a franchi le grand portail d'airain,
    Déroulant le long fil que lui donna la reine.
    Tout au long des couloirs une quête l'entraîne,
    Curieux qu'il est de voir le grand monstre taurin.

    Le Minotaure a vu ce curieux pèlerin
    Lentement s'approcher de la sanglante arène,
    Ne portant ni l'épée ni la lance de frêne ;
    Il lui a demandé « Que me veux-tu, serin ? »

    Piaf-Tonnerre, observant le monstre qui se cambre,
    Se dit qu'il aurait dû, plutôt, garder la chambre ;
    Il ne peut que frémir à ce mugissement.

    Il cherche une réponse, il la veut bien choisie,
    Et dit, se reprenant de son saisissement :
    « Monseigneur, ma visite était de courtoisie. »

  2. Consécration de Monseigneur Paon-Périgouste
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    Il bénit les passants de sa crosse d’airain ;
    Une crosse qui fut offerte par la reine !
    Au long des boulevards une quête l’entraîne
    Vers la clôture où sont les tombeaux des marins.

    Le peuple chrétien suit l’évêque pèlerin,
    Ensemble traversant le jardin des arènes ;
    Ensemble accompagnant celui qui les parraine,
    Dont le visage est grave et le coeur est serein.

    Les tombeaux des marins, au soleil de novembre,
    À peine ont réchauffé leur marbre aux reflets d’ambre ;
    Le vénérable paon leur parle doucement.

    Il cherche une parole, il la veut bien choisie,
    Mais sans montrer non plus trop d’attendrissement :
    Car Notre Soeur la Mort fait fi des courtoisies.

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