Poème 'Ballade en l’honneur de sa Mie' de Théodore de BANVILLE dans 'Trente-six ballades joyeuses'

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Ballade en l’honneur de sa Mie

Théodore de BANVILLE
Recueil : "Trente-six ballades joyeuses"

Je ne vois que marionnettes
Comme celles de Fagotin.
L’un est amoureux des planètes,
Cet autre court dès le matin
Pour un bracelet florentin
Ou pour un livre d’alchimie.
Moi qui me fie à mon destin,
Je ne veux du tout que ma mie.

On peut s’aller pendre aux sonnettes
Pour obtenir un picotin;
On peut débiter des sornettes
Avec l’aplomb d’un libertin;
On peut s’enivrer au festin;
On arrive à l’Académie
Avec un livre clandestin;
Je ne veux du tout que ma mie.

Ils se pâment pour des nonnettes
Qui font leur babil enfantin
A la façon des serinettes.
Pourvu qu’elles aient l’air mutin,
Des hommes de Romorantin
Couvrent la plus sèche momie
De diamants et de satins:
Je ne veux du tout que ma mie.

Envoi.

Que Rothschild garde son butin,
Leverrier son astronomie,
Et monsieur Nisard son latin,
Je ne veux du tout que ma mie.

Janvier 1862.

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Théodore de BANVILLE

Portait de Théodore de BANVILLE

Etienne Jean Baptiste Claude Théodore Faullain de Banville, né le 14 mars 1823 à Moulins (Allier) et mort le 13 mars 1891 à Paris, est un poète, dramaturge et critique français. Célèbre pour les « Odes funambulesques » et « les Exilés », il est surnommé « le poète du... [Lire la suite]

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